L'Algérie mauvaise élève des indemnités de formation
Le programme FIFA qui rémunère les clubs formateurs des mondialistes profite à peine aux clubs algériens. Un révélateur cruel de qui forme vraiment nos internationaux.
Il y a des classements qui ne mentent pas, parce que l'argent ne ment jamais. À chaque Coupe du monde, la FIFA redistribue une enveloppe considérable aux clubs qui ont formé et employé les joueurs du tournoi, via son programme de récompense des clubs. Le principe est vertueux : chaque journée passée par un mondialiste dans un club entre ses jeunes années et la compétition génère une indemnité pour ce club. Et le verdict de l'édition 2026, relevé par DzBallon, est cruel : l'Algérie figure parmi les mauvais élèves du dispositif, ses clubs ne captant qu'une part minime de la manne générée par leurs propres internationaux.
La mécanique implacable du dispositif
Comprendre le classement, c'est comprendre la règle. L'argent suit la formation : il va aux clubs où les joueurs ont grandi et joué. Or regardez la liste des vingt-six mondialistes algériens : Luca Zidane formé au Real Madrid, Bensebaïni passé par Montpellier après le Paradou, Chaïbi pur produit de Toulouse, Gouiri de Lyon, Maza de Berlin, Hadj Moussa des Pays-Bas, Belazzoug de Rennes. L'écrasante majorité des Verts a été façonnée par les centres de formation français, allemands ou néerlandais, qui encaissent donc les indemnités correspondantes. Les clubs algériens, eux, ne touchent que sur les rares parcours locaux, à l'image de la filière Paradou. Et soyons francs : la FIFA ne fait que payer ceux qui ont réellement travaillé.
Le miroir d'un choix stratégique jamais assumé
Ce classement n'est pas une injustice, c'est une radiographie. L'Algérie a construit sa compétitivité internationale sur le vivier de la diaspora, une richesse immense que personne ne conteste et qui a offert deux CAN et deux Mondiaux. Mais ce modèle a un angle mort : il dispense le football local de former, puisque la sélection se fournit ailleurs. Résultat, quand les récompenses de formation tombent, elles traversent la Méditerranée. Pendant ce temps, le seul vrai club formateur du pays, le Paradou, vient d'être relégué en Ligue 2 et brade ses pépites pour survivre. Une chose est certaine : un pays qui ne forme pas ses internationaux finit par payer pour les regarder jouer.
Le contre-exemple qui fait mal, encore et toujours
Inutile de chercher loin le modèle inverse. Le Maroc, via son académie Mohammed VI et la structuration de sa Botola, forme désormais une partie significative de ses Lions de l'Atlas, et ses clubs captent une part croissante des retombées à chaque grand tournoi, en plus de dominer les compétitions africaines. La formation n'est pas qu'une vertu sportive, c'est un circuit économique complet : elle produit des joueurs, des transferts, des indemnités et de la souveraineté footballistique. L'Algérie possède les talents bruts, les infrastructures récentes et le savoir-faire d'écoles comme celle d'Hydra. Il ne lui manque qu'une politique.
Transformer un camouflet en feuille de route
Ce mauvais classement devrait circuler dans tous les bureaux de la FAF et de la Ligue comme un document de travail. Statut protégé pour les clubs formateurs, obligation de quotas de jeunes, revalorisation des indemnités nationales de formation : les leviers sont connus, il manque la volonté. Le jour où un mondialiste algérien sur deux aura grandi dans un club algérien, ce classement FIFA changera de visage, et les caisses de nos clubs aussi. D'ici là, chaque Coupe du monde des Verts enrichira d'abord les centres de formation des autres.
*Sources : DzBallon, FIFA*
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