Le Collège technique se réunit aujourd'hui à Sidi Moussa
Le bureau fédéral a confié à cette instance le soin de juger le bilan de Vladimir Petkovic. Une réunion décisive qui ressemble au premier acte officiel du divorce.
Le jour J est arrivé. Le Collège technique national se réunit ce jeudi au Centre technique de Sidi Moussa avec un ordre du jour que tout le monde attend depuis Vancouver : l'examen du bilan de Vladimir Petkovic à la tête des Verts, de sa prise de fonction en 2024 jusqu'à l'élimination en seizième de finale du Mondial face à la Suisse. Une procédure inhabituelle, décidée par le bureau fédéral lors de sa session de samedi dernier, qui avait surpris tout le monde en choisissant de ne rien trancher lui-même. Derrière le formalisme, chacun a compris la manœuvre.
Une évaluation qui ressemble à un réquisitoire annoncé
Soyons lucides sur la fonction de cette réunion. Après l'échec des négociations à l'amiable avec le sélectionneur, toujours lié à la FAF jusqu'en juillet 2028 après sa prolongation controversée d'avant-Mondial, la fédération a besoin d'un dossier. Un bilan technique officiellement négatif, établi par une instance collégiale, constituerait la pièce maîtresse d'une rupture pour insuffisance de résultats, bien plus défendable juridiquement qu'un simple limogeage d'humeur. Et soyons francs : on ne convoque pas un collège technique pour féliciter un entraîneur qu'on essaie de pousser dehors depuis deux semaines.
Un bilan objectivement contrasté
L'exercice ne sera pourtant pas si simple, car les chiffres racontent deux histoires. À charge : dix buts encaissés en quatre matchs de Coupe du monde, une valse tactique incompréhensible, une CAN conclue en quarts de finale, et les dysfonctionnements révélés depuis par la presse. À décharge : une qualification pour le premier Mondial algérien depuis 2014, un bilan comptable globalement positif sur deux ans, et des circonstances que les révélations de Romain Molina éclairent différemment, entre encadrement fédéral défaillant et ingérences en tous genres. Un collège honnête devra dire si l'échec de Vancouver est celui d'un homme ou celui d'un système. Une chose est certaine : juger le sélectionneur sans juger la fédération serait une demi-vérité de plus.
L'enjeu financier derrière l'enjeu sportif
Ce qui se joue à Sidi Moussa a un prix. Deux années de salaire revalorisé séparent la FAF d'une résiliation sèche, une somme considérable pour une instance dont les difficultés financières ont été documentées. Un bilan accablant pourrait servir de levier de négociation pour réduire les indemnités, voire tenter une rupture aux torts du technicien. Le camp Petkovic, en position de force contractuelle, ne l'ignore pas. Le risque d'un contentieux long devant les instances sportives internationales existe, et l'histoire récente de la FAF dans ce type de bras de fer n'incite pas à l'optimisme.
Le calendrier n'attendra pas la fin de la procédure
Pendant que les juristes s'affûtent, le sportif presse : la réception de la Zambie le 21 septembre ouvre les éliminatoires de la CAN 2027, dans à peine plus de deux mois, sans sélectionneur opérationnel ni staff assuré. Chaque semaine de procédure est une semaine perdue pour le successeur. Le jour où la FAF passera autant d'énergie à construire l'avenir qu'à solder le passé, la reconstruction commencera vraiment. Ce que Sidi Moussa décidera aujourd'hui nous dira si ce jour approche.
*Sources : Compétition, La Gazette du Fennec*
Réactions (0)
Soyez le premier à réagir !





