Chaïbi héritera du numéro 10 algérien au Mondial 2026
L'attaquant de l'Eintracht Francfort récupère un maillot porté avant lui par Belloumi, Saïfi et Feghouli. Une pression d'héritage ou une chance à saisir ?
Un numéro de maillot n'est qu'un chiffre, dit-on. En Algérie, le 10 n'a jamais été un chiffre comme les autres. Pour le Mondial 2026, c'est Farès Chaïbi qui en héritera, et derrière ce choix se cache toute une lignée.
Un maillot qui raconte une histoire
Le 10 algérien, c'est d'abord le souvenir de Lakhdar Belloumi, le génie de Béni Yenni, porteur du numéro lors des épopées de 1982 et 1986. C'est ensuite Rafik Saïfi en 2010, puis Sofiane Feghouli, qui l'a fait sien sur quatre rendez-vous majeurs, de 2014 jusqu'à la CAN 2023. Hériter de ce maillot, ce n'est pas enfiler un bout de tissu. C'est accepter un regard, celui de millions de supporters qui savent exactement qui l'a porté avant.
Chaïbi, 28 sélections au compteur, prend donc la suite. Et le contexte n'est pas anodin : le numéro se libère parce qu'Ismaël Bennacer, son dernier propriétaire lors de la CAN 2025, ne figure pas dans la liste finale de Vladimir Petkovic. Un passage de relais qui en dit long sur les hiérarchies en mouvement chez les Fennecs.
Chaïbi a-t-il les épaules ?
Soyons francs : Chaïbi n'a ni la finesse de Belloumi ni la patte gauche de Saïfi. Son football est ailleurs. Là où ses prédécesseurs charmaient, lui percute. Le joueur de Francfort s'inscrit davantage dans la filiation d'un Feghouli : intensité, capacité à casser les lignes, volume de course. C'est précisément ce profil que Petkovic apprécie et qui colle à son projet de jeu.
Le débat est ouvert, et il est légitime. Donner le 10 à un joueur de rupture plutôt qu'à un meneur classique, c'est un parti pris assumé. Cela traduit une Algérie qui veut avancer par la verticalité plutôt que par la seule technique. Le 10 n'est plus une promesse de magie, c'est une promesse d'impact.
Bentaleb, l'autre histoire de cette liste
Dans l'ombre de cette attribution, un autre nom mérite l'attention : Nabil Bentaleb, rappelé de justesse, qui portera le 19. Une nouvelle preuve que Petkovic n'a pas figé son groupe et qu'il s'autorise des choix à contre-courant des attentes. Entre les retours surprises et les absences qui font débat, cette liste raconte une sélection en pleine recomposition à quelques jours du tournoi.
L'Algérie aborde ce Mondial, organisé du 11 juin au 19 juillet, avec une identité qui se cherche encore. Le 10 sur le dos de Chaïbi en est le résumé parfait : un héritage prestigieux confié à un joueur d'un tout autre style.
Un maillot ne fait pas un joueur. Mais il peut le révéler. Reste à savoir si Chaïbi écrira sa ligne dans cette histoire, ou s'il se contentera de la porter.
*Source : La Gazette du Fennec*
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