Achref Abada : l'enfant de Touggourt qui vise le Mondial
De l'ASO Chlef à l'USM Alger, du sable du Sud aux 26 de Petkovic : portrait d'Achref Abada, le défenseur central dont l'ascension force le respect.
Il y a des trajectoires qui forcent le respect, sans avoir besoin de tapage médiatique. Celle d'Achref Abada en fait partie. À 26 ans, le défenseur central de l'USM Alger a été retenu par Vladimir Petkovic dans la liste des 26 Verts pour la Coupe du Monde 2026, l'aboutissement d'une ascension qui aurait paru improbable il y a encore deux ans. Né dans le Sud algérien, formé loin des projecteurs, Abada va vivre son premier Mondial après s'être imposé par le travail. Et soyons francs : c'est exactement le genre d'histoire qui parle aux supporters algériens.
Derrière la ligne sèche d'un CV se cache une histoire de patience et de résilience. Celle d'un enfant du désert devenu rempart international en quelques saisons.
De Touggourt à l'élite : la longue marche
Né le 15 juin 1999 à Tebesbest, dans la wilaya de Touggourt, Achref Abada a grandi loin des académies huppées et des terrains synthétiques flambant neufs. Le Sud algérien forge des caractères, et le natif de la région a appris très jeune ce que valent un duel et l'effort. À 17 ans, il quitte sa région pour rejoindre le MC El Eulma, club formateur où il dispute trois saisons entre 2018 et 2021. Une période d'apprentissage et de chutes qui forge son profil.
En 2021, l'ASO Chlef lui ouvre les portes. Le club chélifien, réputé pour polir les talents bruts, va voir l'arrière central s'imposer progressivement comme un titulaire indiscutable. Cinq saisons pleines en Ligue 1 Mobilis, des duels gagnés, une régularité de métronome. Du haut de son 1,87 m, le défenseur s'installe parmi les valeurs sûres du championnat algérien.
La Coupe Arabe 2025, le tremplin qui change tout
La bascule arrive fin 2025. Appelé par Madjid Bougherra avec l'Algérie A' pour la Coupe Arabe au Qatar, Abada profite de cette vitrine pour exploser aux yeux du grand public. Solide dans les duels, propre dans les relances, calme dans la lecture du jeu : le natif du Sud aligne les performances qui font tourner les têtes. Notamment lors d'un choc face à l'Irak où il est l'un des hommes du match.
La cote du défenseur grimpe en flèche. Des clubs étrangers se renseignent, l'intérêt dépasse les frontières. En interne, le rapport au sélectionneur Petkovic remonte favorablement, et tout s'accélère. Un signe ne trompe pas : on ne devient pas international algérien sans avoir mérité chaque centimètre de sa progression.
Le transfert à l'USM Alger, dernière étape avant la consécration
Début 2026, l'USM Alger frappe fort sur le mercato d'hiver et arrache Abada à l'ASO Chlef. Pour le club algérois, c'est un renfort stratégique destiné à muscler l'axe défensif. Pour le défenseur, c'est une étape supplémentaire vers les hauteurs : le maillot rouge et noir, c'est la vitrine du football algérien, le terrain où l'on est observé en permanence.
Les prestations confirment le bien-fondé du transfert. Et quelques semaines plus tard, son nom apparaît sur la liste des 26 de Petkovic pour le Mondial 2026. En l'espace d'un an, Achref Abada est passé d'élément régulier de Ligue 1 à mondialiste. Une ascension qui force l'admiration de toute la diaspora algérienne, qui aime les histoires de gars qui se battent pour arriver.
Le Mondial comme aboutissement, et comme nouveau départ
Aux États-Unis, Abada partira logiquement derrière les cadres confirmés Mandi et Bensebaïni dans la hiérarchie centrale. Mais Petkovic ne l'a pas appelé pour faire de la figuration. Sa polyvalence, sa rigueur et sa lecture du jeu en font une option précieuse en cas de blessure ou de rotation. Et un Mondial joué, c'est une vitrine décuplée.
Une chose est certaine : un bon match face à l'Argentine, l'Autriche ou la Jordanie pourrait ouvrir des portes que personne n'imaginait à Touggourt il y a dix ans. Le Mondial peut être une fin de cycle pour certains, et un nouveau départ pour d'autres. Achref Abada appartient clairement à la seconde catégorie.
Et maintenant ?
Reste à transformer l'opportunité en performance. À 26 ans, Achref Abada arrive à maturité au moment idéal, avec le statut d'international algérien officiel et un premier Mondial dans les jambes. La suite peut s'écrire à l'étranger, ou en s'installant durablement comme cadre des Verts. Quoi qu'il en soit, l'enfant de Touggourt n'est plus un inconnu. Et son histoire ne fait peut-être que commencer.
*Source : DzChronique*
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