Prolongation Petkovic : pourquoi la FAF et le coach bloquent
Salaire revu à la hausse, dossier en suspens, priorité au Mondial : décryptage du bras de fer financier entre Petkovic et la FAF avant l'aventure américaine.
Le timing interpelle, le détail intrigue. À trois semaines de la Coupe du Monde 2026, la FAF et Vladimir Petkovic n'ont toujours pas trouvé d'accord pour la prolongation du contrat du sélectionneur. Une proposition formulée par la fédération depuis mars dernier, des discussions qui s'éternisent, et un point précis qui bloque : l'aspect financier. Le contractuel devient, comme l'a écrit La Gazette du Fennec dans une formule joliment tournée, contre-actuel. Et soyons francs : à l'approche du plus grand rendez-vous des Verts depuis huit ans, ce dossier mérite qu'on s'y arrête.
Pour bien comprendre, il faut revenir aux ambitions affichées par Walid Sadi, président de la FAF et ministre des Sports. L'objectif est limpide : sécuriser l'avenir de la sélection en verrouillant son sélectionneur pour l'après-Mondial, alors que les éliminatoires de la CAN 2027 attendent les Verts dans la foulée.
Petkovic botte en touche en public
Interrogé ce dimanche en conférence de presse à Baraki, le successeur de Djamel Belmadi a soigneusement écarté le sujet. "Je pense que ce thème est le dernier que j'ai envie de traiter aujourd'hui", a-t-il lâché en préambule. Manière polie de signifier qu'à ses yeux, seule la préparation du Mondial doit compter ces prochains jours.
Le Suisse s'est néanmoins voulu rassurant. Il a confirmé être satisfait de son aventure algérienne, dit avoir ouvert la porte à une prolongation, et glissé : "Je pense qu'on n'est pas très loin pour trouver une solution à ce sujet." Traduction : le dossier n'est pas mort, juste mis sur pause le temps de jouer l'Argentine, l'Autriche et la Jordanie. Une chose est certaine : l'homme sait préserver l'essentiel.
Le nœud du problème : 25 000 € par mois
Selon les informations de La Gazette du Fennec, le blocage est purement financier. La FAF a proposé de reconduire Petkovic au même salaire qu'aujourd'hui, à savoir 135 000 € par mois. Une somme déjà conséquente, qui en ferait au passage l'entraîneur le mieux payé d'Afrique. Mais le sélectionneur, conscient de sa valeur, demande une revalorisation : il vise au moins 160 000 € mensuels, soit 25 000 € de plus.
L'écart paraît modeste à l'échelle d'un budget fédéral, mais il symbolise un vrai bras de fer. Pour Petkovic, deux années de bons et loyaux services à la tête des Fennecs justifient une réévaluation. Pour la FAF, augmenter un coach avant même qu'il ne dispute le Mondial revient à signer un chèque en blanc à des conditions déjà élevées pour le continent.
Le Mondial comme arbitre
La logique du dossier est cruelle mais limpide. Comme le souligne le journaliste Mohamed Touileb, la FAF aurait tout intérêt à intégrer une clause de résiliation sans indemnité en cas de contre-performance au Mondial. Car les deux scénarios changent radicalement la donne.
Si les Verts réalisent un parcours convaincant aux États-Unis, Petkovic verra automatiquement sa position renforcée, et pourra alors revoir ses exigences encore à la hausse. Si en revanche l'aventure tourne au cauchemar, son départ deviendra inévitable. Le Mondial fera donc office d'arbitre suprême, transformant ces négociations actuelles en simple préliminaire. C'est une partie de poker dont le terrain américain donnera la mise finale.
Et maintenant ?
Direction Rotterdam dès demain pour le test face aux Pays-Bas, puis cap sur Kansas City. Le contrat de Petkovic attendra, et c'est sans doute mieux ainsi. Une chose est sûre : le 17 juin face à l'Argentine, plus personne ne parlera de salaire. On parlera du jeu, du résultat, de l'Histoire à écrire. C'est ce match-là, et ceux qui suivront, qui rouvriront ou refermeront le dossier de la prolongation. Le terrain a toujours le dernier mot.
*Source : La Gazette du Fennec*
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