Hemdani, un coach à suivre de très près
Ancien capitaine de l'OM et cadre des Rangers, formé au métier d'entraîneur dans l'ombre du National, Brahim Hemdani vient de remporter l'or des Jeux Méditerranéens pour sa première compétition. Portrait d'un profil qui pourrait compter dans le football algérien de demain.
Il y a quinze jours, son nom ne disait pas grand-chose aux jeunes supporters algériens. Aujourd'hui, Brahim Hemdani est l'homme qui a ramené l'or méditerranéen au pays, 51 ans après Alger 1975, au terme d'un tournoi parfait. Mais derrière l'exploit de Tarente se cache un parcours bien plus riche qu'un simple coup d'éclat, et un profil que le football algérien aurait tort de ne pas suivre de très près dans les années à venir.
Un joueur de très haut niveau, longtemps loin des Verts
Né le 15 mars 1978 à Colombes, dans les Hauts-de-Seine, Hemdani s'est forgé au Racing Paris avant de lancer sa carrière professionnelle à Cannes, puis à Strasbourg, où il s'est révélé en Ligue 1 à la fin des années 1990. C'est à l'Olympique de Marseille, entre 2001 et 2005, qu'il a atteint sa pleine dimension : 163 matchs sous le maillot phocéen, le brassard de capitaine, et une finale de Coupe UEFA en 2004 face à Valence. Milieu défensif intelligent, capable de reculer en défense centrale, il incarnait alors ce profil de joueur de devoir que les grands clubs recherchent.
Son choix suivant en dit long sur le personnage : libre en 2005, il a repoussé les offres du Bayer Leverkusen et du Real Betis pour rejoindre les Glasgow Rangers, séduit par le projet et la ferveur d'Ibrox. Il y a vécu des heures historiques, dont la première qualification du club en huitièmes de finale de Ligue des champions, l'épopée européenne jusqu'à la finale de la Coupe UEFA 2008 et un titre de champion d'Écosse. Longtemps distant de la sélection, il n'a rejoint les Verts que tardivement, en 2008, pour une poignée de sélections en fin de carrière. Un regret pour beaucoup, et peut-être pour lui.
L'apprentissage dans l'ombre
Et soyons francs : c'est là que son parcours devient intéressant pour la suite. Plutôt que de monnayer son nom, Hemdani a choisi d'apprendre le métier d'entraîneur au plus dur, à Marignane Gignac, en National puis en quatrième division française, entre 2023 et 2025. Des terrains sans lumière, des effectifs limités, des budgets serrés : l'école idéale pour apprendre à faire beaucoup avec peu. Exactement la compétence qu'il a démontrée à Tarente, avec un groupe monté en dix jours, réduit à 17 joueurs, et pourtant intraitable.
Sa nomination à la tête des U20 cet été, en remplacement de Nadir Rezzik parti au Havre, s'inscrit dans la stratégie de la FAF de confier ses sélections de jeunes à d'anciens internationaux, après Rafik Saïfi chez les U23 et Karim Ziani chez les U16. Première mission, premier titre : le pari est déjà gagnant.
Et demain ?
Une chose est certaine : un profil pareil ne restera pas éternellement confiné aux catégories de jeunes. Un ancien capitaine de l'OM, rompu aux vestiaires de très haut niveau, formé au coaching dans l'exigence des divisions inférieures, francophone et connaisseur de la mentalité algérienne, possède tous les attributs pour viser plus haut. Un grand club de Ligue 1 Mobilis en quête de stabilité, un banc en Afrique, ou, pourquoi pas, un jour, celui des A, si la progression de ses jeunes se confirme dans les prochaines années. Il est évidemment trop tôt pour l'affirmer, mais pas pour l'envisager.
Le jour où la FAF cherchera un sélectionneur issu de la maison, avec un vrai palmarès de joueur et une méthode éprouvée avec ses jeunes, elle n'aura peut-être pas besoin de regarder bien loin. En attendant, Brahim Hemdani continue de travailler dans l'ombre. C'est là qu'il a toujours été le meilleur.
Sources : Afrik-Foot, UEFA, BeSoccer, FAF
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