L'ancien espoir du Maroc qui a choisi la Ligue 2 algérienne
Né en France d'un père algérien et d'une mère marocaine, passé par les sélections de jeunes marocaines, le gardien de 22 ans Tlemcani s'engage officiellement avec le MO Béjaïa.
Voilà un transfert qui ne ressemble à aucun autre de cet été. Le MO Béjaïa, pensionnaire de la deuxième division algérienne, a enregistré la signature officielle du gardien Tlemcani, 22 ans. Un recrutement qui serait passé inaperçu sans le parcours singulier du portier : né en France d'un père algérien et d'une mère marocaine, l'ancien international des catégories de jeunes du Maroc, un temps considéré comme un gardien prometteur, a choisi de poursuivre sa carrière... dans le championnat du pays de son père.
Un itinéraire à contre-courant
Dans le grand jeu des binationaux, les trajectoires vont presque toujours dans le même sens : les jeunes formés en Europe rejoignent les sélections maghrébines, et les meilleurs éléments des championnats d'Afrique du Nord rêvent d'Europe. Tlemcani, lui, prend tout le monde à contre-pied. Après avoir porté le maillot des sélections de jeunes de même notre rival marocain, le voilà qui traverse la frontière sportive pour s'engager avec le club des Crabes, en Ligue 2 algérienne. Un choix rarissime, qui interroge autant qu'il intrigue.
Et soyons francs : derrière l'originalité du parcours se cache probablement une réalité plus prosaïque, celle d'un jeune gardien en quête de temps de jeu et de relance après des années où sa carrière n'a pas décollé comme espéré. À 22 ans, un poste de gardien se construit sur des matchs, pas sur des promesses, et la deuxième division algérienne offre un cadre compétitif à qui veut se montrer. D'autres avant lui ont rebondi par des chemins détournés avant de retrouver la lumière.
Béjaïa, un choix qui a du sens
Pour le MO Béjaïa, l'opération présente un double intérêt. Sportivement, le club s'offre un portier formé en France, au profil moderne, dans la force de l'âge pour son poste. Symboliquement, cette signature illustre l'attractivité croissante du football algérien, capable désormais d'attirer des profils formés en Europe jusque dans son antichambre. Le club de la Soummam, qui nourrit des ambitions de remontée parmi l'élite, ajoute une pièce intéressante à son projet.
Reste la question qui accompagnera le joueur : celle de son avenir international. Ayant évolué uniquement avec les jeunes du Maroc, Tlemcani demeure théoriquement sélectionnable par l'Algérie comme par le Maroc en seniors. Un scénario de sélection reste aujourd'hui lointain, mais le football a déjà écrit des histoires plus improbables que celle d'un gardien passé par Béjaïa.
Un pari à suivre
Une chose est certaine : ce transfert atypique mérite d'être suivi au-delà de l'anecdote. Si Tlemcani s'impose dans les cages béjaouies et tire le MOB vers le haut, son pari à contre-courant deviendra un exemple de pragmatisme. Dans le cas contraire, il rejoindra la longue liste des espoirs contrariés du football des binationaux.
Le jour où le gardien franco-algéro-marocain enchaînera les clean sheets sous le maillot des Crabes, plus personne ne s'attardera sur l'originalité de son itinéraire. Après tout, les belles histoires de football commencent souvent là où personne ne regarde.
Sources : FootAlgérien, Livefoot
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