Conakry, scénario cruel : la Saoura sort par la petite porte
Qualifiée virtuellement jusqu'à la 90e minute, la JSS a encaissé deux buts dans les derniers instants et quitte la Ligue des champions dès le premier tour.
Le football sait parfois être d'une cruauté sans nom. Dimanche soir, au stade du 28-Septembre de Conakry, la JS Saoura a vécu l'un de ces scénarios qui hantent longtemps un vestiaire : virtuellement qualifiée pour le deuxième tour préliminaire de la Ligue des champions africaine jusqu'à la 90e minute, l'équipe de Béchar s'est effondrée dans les derniers instants pour s'incliner 3-1 et quitter la compétition dès son entrée en lice (2-3 en cumulé).
Un piège qui se referme lentement
Forts de leur succès 1-0 à l'aller à Oran, les hommes de Lotfi Boudraa savaient à quoi s'attendre : une entame guinéenne à haute intensité, portée par un public retrouvant son stade du 28-Septembre fraîchement rénové. Le scénario redouté s'est produit dès la 17e minute : une faute du gardien Zakaria Salhi dans sa surface sur Gnagna Barry, et l'attaquant du Horoya qui se fait justice lui-même sur penalty. Égalité parfaite sur l'ensemble des deux manches, et une heure et demie de souffrance en perspective.
La Saoura a pourtant cru avoir fait le plus dur. En seconde période, les Vert et Jaune sont parvenus à égaliser, un but qui remettait la qualification dans leur camp et condamnait le Horoya à marquer deux fois. À un quart d'heure du terme, le club algérien tenait son billet.
Deux coups de poignard
Et puis tout s'est écroulé. Poussés par leur public et jetant toutes leurs forces dans la bataille, les Guinéens ont trouvé la faille par Morlaye Sylla, entré en cours de jeu, à la 90e minute. Sonnée, la Saoura a définitivement coulé deux minutes plus tard dans le temps additionnel, sur une frappe de Salif Coulibaly. Deux buts en trois minutes, et une campagne continentale terminée avant même d'avoir commencé.
Et soyons francs : au-delà du scénario maudit, cette élimination interroge. Incapable de se procurer de véritables occasions pendant l'essentiel de la rencontre, timide dans le jeu, la JSS a reproduit le syndrome bien connu des clubs algériens en déplacement africain, cette frilosité qui transforme chaque voyage au sud du Sahara en calvaire. Gérer un but d'avance pendant 180 minutes n'est pas un plan de jeu, c'est un pari, et il a été perdu.
Le MCA, dernier porte-drapeau
Conséquence directe : le MC Alger, tombeur de Nigelec samedi, reste le seul représentant algérien dans cette édition de la Ligue des champions. Le Horoya, lui, affrontera Al-Merreikh du Soudan au tour suivant. Pour la Saoura, dont le retour sur la scène continentale était attendu après plusieurs années d'absence, il faudra digérer, vite : le championnat reprend dans une semaine.
Une chose est certaine : tant que nos clubs aborderont ces déplacements en espérant simplement survivre, ces soirées cruelles se répéteront.
Le jour où une équipe algérienne ira gagner un match retour en Afrique subsaharienne au lieu de le subir, ce genre de cauchemar appartiendra au passé.
Sources : Foot Afrique, Africa Foot United, Avenir Guinée, Guinée Matin, Africa Sport
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