Benlamri claque la porte du Mouloudia : chronique d'un fiasco
Arrivé cet été comme manager général, le champion d'Afrique 2019 a quitté le MCA après quelques semaines marquées par le feuilleton Belaïli.
L'aventure aura duré quelques semaines à peine. Djamel Benlamri n'est plus le manager général du MC Alger. Le club a officialisé début septembre la fin de sa mission, une séparation présentée comme décidée d'un commun accord, qui met un terme à l'un des passages les plus courts et les plus mouvementés de l'histoire récente de la direction mouloudéenne.
Un retour qui avait tout d'une évidence
Sur le papier, la nomination avait pourtant du sens. Ancien défenseur du club, champion d'Algérie sous le maillot vert et rouge, champion d'Afrique 2019 avec les Verts, Benlamri revenait au Doyen par la grande porte pour succéder à Sid Ahmed Khedis. Manager général et porte-parole : le double rôle devait permettre au MCA de profiter de son expérience, de son réseau et de son aura auprès des supporters pour dynamiser un mercato jusque-là bien calme.
Le feuilleton Belaïli, point de bascule
La suite a viré au cauchemar. Dès sa prise de fonction, Benlamri fait du retour de Youcef Belaïli sa priorité. Les discussions avec son ancien coéquipier en sélection semblent suffisamment avancées pour que le club communique sur son retour. Puis tout s'effondre : Belaïli s'engage avec l'Espérance de Tunis. La volte-face provoque une énorme polémique, une partie des supporters accusant Benlamri d'avoir mal géré les négociations. Les deux champions d'Afrique livreront ensuite leurs versions respectives sur la chaîne El Heddaf, sans éteindre l'incendie.
Et soyons francs : ce fiasco a surtout révélé un problème plus profond. Selon Foot Afrique, Benlamri estimait ses prérogatives limitées sur plusieurs opérations et souhaitait peser davantage dans les décisions sportives, ce qui a progressivement détérioré ses relations avec le président Mohamed Hakim Hadj-Redjem. L'ancien défenseur avait d'ailleurs déjà présenté une première démission durant l'été, avant de revenir sur sa décision. Selon Planète Sport, les dossiers Alilet et Benzia auraient fini de le convaincre de jeter l'éponge définitivement.
Le Doyen face à ses démons
Au-delà de la personne de Benlamri, ce départ pose la question de la stabilité de l'administration du champion d'Algérie en titre. Engagé en Ligue des champions africaine, attendu au tournant en championnat, le MCA a traversé son mercato dans les tensions, les revirements et les déceptions, sous le regard de plus en plus critique des Chnaoua. Nommer une légende pour calmer la rue, puis la laisser partir au bout de quelques semaines : la séquence en dit long.
Une chose est certaine : Benlamri sort de cet épisode abîmé dans son premier costume de dirigeant, mais le club, lui, sort surtout avec une direction fragilisée au pire moment de la saison.
Le jour où le Mouloudia offrira à ses dirigeants un cadre de travail stable, il pourra enfin nourrir des ambitions à la hauteur de son histoire.
Sources : DZFoot, DZBallon, La Gazette du Fennec, Foot Afrique, Planète Sport DZ
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