Sursis pour Sedki : Sétif joue son entraîneur face au CSC
Le conseil d'administration de l'Entente a maintenu son technicien égyptien, avec une obligation de résultat dès samedi face au CS Constantine.
Le suspense n'aura duré que le temps d'une réunion. Convoqué en urgence dimanche pour statuer sur le sort d'Hamada Sedki, le conseil d'administration de l'ES Sétif a finalement choisi la continuité : le technicien égyptien est maintenu à la tête de l'équipe première. Mais que personne ne s'y trompe, il ne s'agit pas d'un vote de confiance. C'est un sursis, assorti d'une obligation de résultat dès samedi face au CS Constantine, pour le compte de la 3e journée.
Le choix de la stabilité... par défaut
Après deux défaites en deux journées, face à l'ES Ben Aknoun à domicile puis contre le CR Belouizdad, et la sortie médiatique du coach contre sa propre direction sur la gestion du mercato, tout semblait réuni pour une rupture immédiate. La direction de l'Aigle Noir a préféré temporiser, pour une raison simple : limoger un entraîneur choisi et installé deux mois plus tôt reviendrait à s'infliger un désaveu cinglant, et à plonger le club dans une crise institutionnelle encore plus profonde que la crise sportive actuelle.
Le maintien concerne d'ailleurs l'ensemble du staff, et il faut y lire un choix d'apaisement autant que de conviction. Les supporters, eux, réclamaient des têtes, celle de Sedki comme celle du directeur sportif Farid Mellouli, architecte d'un recrutement massif qui peine à convaincre.
Un match couperet nommé CSC
Et soyons francs : ce sursis ne règle rien, il ne fait que déplacer l'échéance. Samedi, face à un CS Constantine toujours redoutable dans les derbys de l'Est, Sedki jouera très exactement sa survie à la tête de l'Entente. Une victoire, et le technicien gagnera le droit de poursuivre son travail dans un climat un peu moins irrespirable. Une contre-performance, et le club se retrouvera au point de départ, avec une journée de plus au compteur et un vestiaire encore plus fragilisé.
Difficile d'imaginer pire contexte pour préparer un match : un entraîneur en sursis public, une direction qu'il a lui-même attaquée, des tribunes en ébullition et un effectif remanié de fond en comble qui cherche encore ses automatismes. C'est pourtant dans ce chaudron que l'ancien membre du staff des Pharaons devra trouver les ressorts d'un premier succès.
Une méthode qui interroge
Au-delà du cas Sedki, cette gestion par ultimatum illustre le mal chronique des clubs algériens : des projets bâtis sur deux mois et remis en cause en deux journées. L'Entente, propriété de Sonelgaz et forte de l'un des palmarès les plus riches du pays, mérite une gouvernance à la hauteur de son histoire plutôt que des réunions de crise à répétition dès la mi-septembre.
Une chose est certaine : quel que soit le résultat de samedi, la fracture entre le technicien et sa direction laissera des traces.
Le jour où Sétif choisira un cap et s'y tiendra plus d'un mois, l'Aigle Noir pourra de nouveau regarder vers les sommets.
Sources : Just Info DZ, Compétition, DZBallon
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