L'arme secrète de Benstiti s'appelle Bekhaled
Entrée en jeu décisive, passe pour l'égalisation et tir au but converti dans le moment le plus tendu : la joueuse d'OL Lyonnes a pesé de tout son poids sur la médaille de bronze des Vertes.
Dans chaque épopée, il y a des héroïnes de l'ombre. Celle de la médaille de bronze décrochée samedi par les Vertes face au Maroc porte un nom : Sofia Bekhaled. Remplaçante au coup d'envoi de la petite finale, l'attaquante d'OL Lyonnes a complètement changé le cours de la soirée de Rabat, au point de s'imposer comme le facteur X de la première médaille continentale de l'histoire du football féminin algérien.
Une entrée qui a tout basculé
Revenons au scénario. Menées au score par des Marocaines revanchardes, les joueuses de Farid Benstiti couraient après le match quand le sélectionneur a lancé Bekhaled à la 68e minute. Douze minutes plus tard, l'attaquante mettait parfaitement sur orbite Lina Boussaha pour l'égalisation à la 83e. Un ballon d'une justesse totale, dans un moment où la lucidité manquait à tout le monde, qui a remis l'Algérie dans le match et poussé ce derby bouillant jusqu'à la séance des tirs au but, après le penalty manqué par le Maroc dans les derniers instants.
C'est dans cette loterie finale que la Lyonnaise a définitivement fait basculer l'histoire. Alors que le Maroc menait 2-1 après deux tentatives et que la pression atteignait son sommet, Bekhaled s'est avancée avec un calme déconcertant, tout sourire, avant de prendre la gardienne marocaine à contre-pied. Le tournant de la séance : derrière elle, les Marocaines ont enchaîné trois échecs, offrant le bronze aux Vertes (1-1, 3-2 aux t.a.b.).
La récompense d'un tournoi de coéquipière modèle
Et soyons francs : le tournoi de Bekhaled illustre à merveille ce qui fait la force de ce groupe. Titularisée pour la première fois lors du quart de finale victorieux face à la Côte d'Ivoire, reléguée sur le banc pour la petite finale, l'attaquante n'a jamais fait de son statut un sujet. Elle a répondu sur le terrain, au moment où son équipe avait le plus besoin d'elle. Dans une sélection où la profondeur de banc a longtemps été le point faible, disposer de telles jokers change tout.
Son club l'a d'ailleurs bien compris : du côté d'OL Lyonnes, où elle évolue, la performance de la médaillée algérienne a été largement saluée, le club lyonnais comptant même deux médaillées dans cette CAN avec la Malawite Tabitha Chawinga, finaliste.
Un profil précieux pour le Brésil
Une chose est certaine : Farid Benstiti tient là une carte maîtresse pour la suite. À dix-huit mois de la Coupe du monde 2027 au Brésil, la première de l'histoire des Vertes, le sélectionneur sait qu'il pourra compter sur une joueuse capable de faire basculer un match en sortie de banc, formée dans l'exigence du haut niveau français et imperméable à la pression des grands rendez-vous. Des profils comme celui-là valent de l'or dans un tournoi mondial.
Le jour où l'Algérie disputera son premier match de Coupe du monde, Sofia Bekhaled pourra se dire qu'elle a contribué à écrire le chapitre qui a tout précédé : celui d'un soir d'août à Rabat, où son sang-froid a offert une médaille à tout un pays.
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