Hemdani : un mois en poste et déjà au cœur de tous les débats
Nommé le 5 septembre, Brahim Hemdani a déjà connu une victoire, un nul, une affaire et une rumeur. Le prix d'un poste scruté par tout un pays.
Il y a moins d'un mois, le 5 septembre, Brahim Hemdani était officiellement nommé à la tête des Verts, entouré d'Anthar Yahia et de Moussa Saïb. Depuis, il ne s'est pas passé un jour sans que son nom fasse débat. Choix d'hommes, gestion de groupe, déclarations d'après-match : rarement un sélectionneur aura concentré autant de discussions en si peu de temps.
Un mois, mille sujets
Le calendrier a été dense. Il y a d'abord eu une entrée réussie, avec la victoire face à la Zambie (3-1) à Tizi-Ouzou. Puis l'affaire Aït-Nouri, renvoyé du rassemblement après son attitude sur le banc, prolongée par la sortie médiatique de son père. Est venue ensuite la rumeur d'une rupture avec Ramy Bensebaïni, démentie par une source interne et par le joueur lui-même, photo à l'appui depuis Sidi Moussa.
Enfin, le nul au Burundi (2-2) a relancé les discussions sur le milieu, la défense et le coaching, avant qu'une phrase d'après-match, celle du « verre à moitié plein », ne fasse à son tour le tour des réseaux sociaux.
Une exposition sans équivalent
Son prédécesseur, Vladimir Petković, a lui aussi été critiqué. Mais ces critiques se sont étalées sur la durée, au fil des résultats. Hemdani, lui, a tout connu en quelques semaines, avant même d'avoir eu le temps d'imposer sa patte.
Cette exposition s'explique. Ancien international, champion méditerranéen avec les U21 à Tarente cet été, Hemdani est un technicien algérien, issu du sérail, et chaque supporter a le sentiment de le connaître. Il arrive aussi après une Coupe du monde décevante, au cœur d'une reconstruction où chaque choix est interprété comme un signal. Enfin, les réseaux sociaux amplifient tout : une image sur le banc, une phrase en conférence, un tweet de journaliste suffisent à lancer une polémique.
Le prix d'un poste unique
Et soyons francs… ce bruit permanent dit autant de l'amour des Algériens pour leur sélection que de la pression qui pèse sur son banc. Être sélectionneur des Verts, c'est accepter que trente millions de personnes aient un avis sur chaque décision. Hemdani le savait en acceptant le poste.
Il faut aussi regarder les faits avec mesure. Après deux journées des éliminatoires de la CAN 2027, l'Algérie est invaincue et occupe la tête de son groupe avec quatre points. Le sélectionneur a pris des décisions fortes, comme celle d'écarter Aït-Nouri, et il a reconnu sans détour les manques de son équipe après le Burundi. Ce n'est pas le profil d'un homme qui fuit ses responsabilités.
Laisser le temps de construire
Une chose est certaine : on ne juge pas un sélectionneur sur deux matchs et un mois de travail. Hemdani hérite d'un groupe en pleine transition, privé de plusieurs cadres historiques, et doit installer une identité de jeu tout en assurant la qualification. Le débat est sain, la critique légitime quand elle porte sur le terrain. Mais elle doit laisser à l'homme le temps de construire.
Prochain rendez-vous mardi, face au Niger en amical à Tizi-Ouzou, puis en novembre pour la suite des éliminatoires. Le jour où l'on parlera de Hemdani pour son jeu plutôt que pour ses polémiques, c'est que son projet aura commencé à prendre forme.
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