Le 5-Juillet s'offre une pelouse hybride
Les travaux de modernisation se poursuivent dans l'enceinte mythique d'Alger, qui rejoint les standards des grands stades mondiaux. Un signal qui dépasse le gazon.
Le temple du football algérien se refait une santé par la racine. Les travaux de pose d'une pelouse hybride se poursuivent au stade du 5-Juillet, rapporte Footalgérien, dans le cadre d'un vaste programme de modernisation des infrastructures sportives nationales. Derrière l'annonce technique se cache un vrai basculement de standard : l'enceinte mythique d'Alger rejoint le club des stades équipés de la technologie qui habille les plus grandes pelouses du monde, de Wembley aux arènes de la dernière Coupe du monde.
Ce que change concrètement une pelouse hybride
Un mot d'explication pour mesurer l'investissement. Le gazon hybride marie herbe naturelle et fibres synthétiques injectées, offrant une surface qui résiste à l'intensité moderne : enchaînement des matchs, concerts et événements, intempéries, tout ce qui transformait les pelouses classiques en champs de labour dès novembre. Pour les joueurs, c'est un jeu plus rapide et des blessures d'appuis réduites ; pour l'exploitant, une durée de vie multipliée. Fini, en théorie, ces images de surfaces dégradées qui ont trop souvent accompagné les grands rendez-vous du football algérien et fourni des excuses toutes faites aux soirs de contre-performance. Et soyons francs : le niveau d'un football se lit aussi dans l'état de ses pelouses, et le nôtre revenait de loin.
Un patrimoine qui reprend enfin de la valeur
Cette rénovation s'inscrit dans une dynamique plus large que nous documentons depuis des semaines : entre Baraki et son écrin Nelson-Mandela, Oran, Tizi-Ouzou et Constantine, l'Algérie a bâti en une décennie un parc de stades aux standards internationaux, complété désormais par la remise à niveau du vaisseau amiral historique. Le 5-Juillet, ses 64 000 places et sa mémoire, de la CAN 1990 aux nuits européennes de l'USMA et du MCA, méritait mieux que le vieillissement qui le guettait. Une chose est certaine : un pays qui entretient ses temples respecte son football, et l'inverse était devenu trop vrai trop longtemps.
La question qui fâche : tout ça pour quoi ?
Reste l'interrogation que chaque chantier ravive : à quoi serviront ces bijoux ? Pendant que l'Algérie modernise, l'Égypte candidate pour la CAN 2028, quatre pays d'Afrique australe déposent un dossier commun, et Alger observe en silence, faute d'une fédération en état de porter un projet. Des stades aux normes sans grand événement à accueillir, c'est un patrimoine qui dort, et des milliards de dinars publics qui attendent leur retour sur investissement. La pelouse hybride du 5-Juillet devrait être l'argument d'un dossier de candidature, pas une fin en soi.
Le gazon est prêt, reste le projet
Les travaux suivent leur cours, et le mythe de l'avenue Mohamed-Boudiaf retrouvera bientôt une surface digne de ses plus grandes soirées, à temps pour les échéances de septembre et les campagnes continentales des clubs algérois. Le jour où cette pelouse accueillera un match d'ouverture de CAN, l'investissement aura trouvé son sens complet. D'ici là, savourons le symbole : le football algérien soigne enfin ses fondations. Il ne lui reste qu'à construire dessus.
*Source : Footalgérien*
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