On connaît le salaire de Belaïli, accrochez-vous
Le montant du contrat négocié entre YB10 et le Doyen a fuité dans la presse, et il pulvérise tous les standards de la Ligue 1. Un chiffre qui enflamme déjà les débats.
Le feuilleton Belaïli tenait son accord, il tient désormais son chiffre. Selon Algerie360, qui cite plusieurs sources concordantes, l'international algérien percevrait au Mouloudia d'Alger une rémunération mensuelle de 65 000 euros, soit environ 780 000 euros sur une année pleine. Un montant sans équivalent connu dans l'histoire de la Ligue 1 algérienne, à manier avec les précautions d'usage puisqu'aucune partie ne l'a confirmé officiellement, mais dont l'ordre de grandeur suffit à comprendre pourquoi il enflamme les débats depuis sa fuite. Le Doyen ne s'est pas offert un joueur, il a acheté un événement. Et il le paie au prix de l'événement.
Un chiffre qui écrase tous les repères du championnat
Situons le montant dans son écosystème. Les 100 000 euros mensuels réclamés par Adam Ounas au même MCA avaient été présentés tout l'été comme une exigence hors norme ; les 65 000 euros de Belaïli, eux, seraient actés. À l'échelle du championnat, où les meilleurs salaires se négocient très loin de ces sommets et où vingt-sept clubs restent interdits de recrutement pour des dettes souvent dérisoires, le contrat de YB10 installe une nouvelle stratosphère. Même l'offre saoudienne d'1,5 million de dollars annuels qui détournerait Benzia de la Ligue 1 ne paraît plus si lointaine. Et soyons francs : le jour où le championnat algérien s'aligne sur les ordres de grandeur du Golfe pour un joueur de 34 ans, une frontière économique vient de tomber.
Le détail qui change tout : il ne peut pas encore jouer
Car le débat ne porte pas que sur la somme, il porte sur son contexte. L'accord définitif conclu avec le MCA reste suspendu au verdict du Tribunal arbitral du sport sur la suspension FIFA du joueur, et à une visite médicale : autrement dit, le club s'engage sur un salaire de patron pour un artiste dont la date de retour à la compétition demeure inconnue, du dénouement rapide au scénario noir d'un printemps 2027. Payer ce tarif pour trente matchs par saison se discute ; le payer pour une demi-saison hypothétique relève du pari intégral. La direction mouloudéenne, Benlamri en tête, assume : certains investissements s'évaluent en buts, celui-là s'évalue en maillots vendus, en stades pleins et en aura continentale. Une chose est certaine : si le pari réussit, personne ne reparlera du chiffre ; s'il échoue, tout le monde ne parlera que de lui.
Ce que cette inflation dit du football algérien
Au-delà du cas Belaïli, cette fuite éclaire la schizophrénie de notre championnat : des sommets salariaux dignes des ligues pétrolières au sommet, des impayés chroniques et des interdictions de recrutement à tous les étages inférieurs. Le retour des légendes, de Belaïli aux pistes Oukidja et Atal, dope l'attractivité et remplit les tribunes, mais il installe aussi des références salariales que les budgets réels ne suivront pas longtemps. Sans contrôle financier sérieux, licences contraignantes et plafonnement raisonné, chaque record de ce type rapproche le championnat de sa prochaine crise de dettes.
Rendez-vous à Lausanne, puis au 5-Juillet
La suite du dossier ne se joue plus dans les bureaux de Saint-Michel mais devant les juges du TAS, dont le verdict déclenchera la signature officielle, la visite médicale et, enfin, le retour du gaucher sur les pelouses. Le jour où Belaïli illuminera le 5-Juillet d'un premier dribble sous ses nouvelles couleurs, les 65 000 euros mensuels paraîtront à Bab El Oued le prix le plus juste du monde. D'ici là, le chiffre restera ce qu'il est aujourd'hui : le symbole d'un championnat qui rêve plus grand que ses moyens, et qui l'assume.
*Sources : Algerie360, MCA, Compétition*
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