Belaïli toujours suspendu : ce que ça change pour le MCA
L'accord de principe annoncé par le Doyen se heurte à une réalité tenace : la suspension FIFA du 5 mars court toujours, et le TAS n'a pas rendu son verdict. Décryptage.
L'euphorie mouloudéenne mérite une lecture juridique. Le MC Alger a officialisé vendredi un accord de principe avec Youcef Belaïli pour la saison 2026-2027, conclusion du feuilleton qui a tenu l'été en haleine, de la vidéo en maillot espérantiste au retour à Alger aux côtés de Djamel Benlamri. Mais un document pèse toujours sur la fête, rappelle La Gazette du Fennec : la suspension infligée par la FIFA le 5 mars dernier, dans le litige qui oppose le joueur à l'AC Ajaccio, court toujours. Et tant que le Tribunal arbitral du sport n'aura pas tranché le recours, le plus beau coup du mercato algérien restera un coup en suspens.
Le rappel des faits, sans emballement
Reprenons le dossier posément. L'instance mondiale a jugé le joueur coupable dans cette affaire de document contesté liée à son passage avorté en Corse, et l'a sanctionné d'une suspension d'un an. Belaïli a saisi le TAS, seule juridiction capable d'annuler, de réduire ou de confirmer la peine. Dans le pire scénario, celui d'une confirmation pure et simple, son retour à la compétition officielle serait repoussé au printemps 2027. Dans le meilleur, une annulation le rendrait disponible rapidement. Entre les deux, toutes les nuances existent, et personne, pas même le MCA, ne connaît la date du verdict. Et soyons francs : signer un accord de principe avec un joueur dont on ignore la date de retour, c'est acheter un talent et une incertitude dans le même contrat.
Pourquoi le Doyen a quand même raison de le faire
Le pari mouloudéen n'est pourtant pas insensé, à condition d'être structuré. D'abord parce que la formule de l'accord de principe, assortie de conditions à remplir, protège précisément le club : elle sécurise le joueur face à la concurrence, l'Espérance n'ayant jamais officiellement rendu les armes, sans engager les pleines obligations d'un contrat définitif. Ensuite parce que Belaïli suspendu peut s'entraîner, se remettre au niveau et s'intégrer au groupe de Khaled Ben Yahia, transformant l'attente en préparation. Enfin parce que le rapport de force financier joue pour le MCA : un joueur privé de terrain ne négocie pas comme une star disponible. Une chose est certaine : dans ce dossier, la patience du Doyen vaudra plus que son chéquier.
Les questions que la direction doit verrouiller
Restent les points de vigilance que les supporters sont en droit de poser. La rémunération pendant la suspension sera-t-elle indexée sur sa disponibilité ? Le contrat prévoit-il des clauses selon les scénarios du TAS ? Le club a-t-il budgété une saison entière sans son joyau ? L'histoire récente du football algérien regorge de coups médiatiques devenus des gouffres faute de garde-fous contractuels. Le nouveau tandem dirigeant, avec Benlamri en manager général, joue sur ce dossier sa première démonstration de professionnalisme.
Un symbole qui dépasse le calendrier
Au fond, même différé, ce retour raconte quelque chose de précieux : l'enfant prodige du football algérien choisissant de finir chez lui, dans un championnat qui rapatrie ses légendes. Le jour où Belaïli refoulera la pelouse du 5-Juillet en match officiel, l'attente aura décuplé la ferveur. D'ici là, le dossier appartient aux juristes de Lausanne. Le football, lui, patientera. Il a l'habitude avec YB10.
*Sources : La Gazette du Fennec, Fennec Football*
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