L'ES Sétif veut Oukidja pour deux saisons
Libre de tout contrat à 38 ans, l'ancien gardien des Verts serait la cible de l'Entente pour garder ses cages. Un pari d'expérience qui divise déjà.
Le mercato algérien tient une piste qui va faire parler dans les cafés de Sétif. Selon Echabaka Sport, relayé par Livefoot, l'ES Sétif souhaiterait recruter Alexandre Oukidja pour les deux prochaines saisons. Libre de tout contrat à 38 ans, l'ancien gardien international, qui avait tenté un retour chez les Fennecs avant la Coupe du monde, pourrait ainsi relancer sa carrière en Algérie, dans l'un des clubs les plus titrés du pays. Un dossier qui coche autant de cases qu'il soulève de questions.
Ce que l'Entente irait chercher
Commençons par la logique sétifienne. L'Aigle Noir, en pleine reconstruction avec déjà sept recrues cet été, cherche à encadrer son projet ambitieux, et un gardien d'expérience répond à un besoin classique : sécuriser un poste où la moindre erreur coûte des points, tout en apportant au vestiaire le vécu d'une longue carrière en Ligue 1 française, où Oukidja s'est construit une réputation de portier fiable et spectaculaire du côté de Metz. Son profil de leader vocal, son passé en sélection et sa connaissance du football algérien en font un tuteur naturel pour les jeunes gardiens du cru. Et soyons francs : dans un championnat où les clubs recrutent dix joueurs de champ pour un gardien, penser aux cages en priorité est déjà une forme de lucidité.
Les questions qui fâchent
Reste l'autre versant du dossier. Deux saisons de contrat pour un gardien de 38 ans, c'est un engagement long pour un poste où les réflexes déclinent vite passé un certain âge, et l'histoire récente du championnat regorge de paris d'expérience transformés en salaires morts. Surtout, cette piste percute frontalement le débat que nous portons depuis des semaines : le football algérien manque cruellement de temps de jeu pour ses jeunes portiers, et chaque cage confiée à un trentenaire finissant est une école fermée pour un gardien de 20 ans. L'Entente, club formateur historique qui a donné tant de noms aux Verts, devrait être la première à y réfléchir. Une chose est certaine : le pari ne sera défendable que s'il s'accompagne d'un vrai plan de succession.
Un symbole de l'été des revenants
Ce dossier s'inscrit dans une tendance lourde du mercato national : après Belaïli au MCA, Atal à la JSK et les rumeurs autour d'autres anciens internationaux, la Ligue 1 algérienne se rêve en terre d'accueil de sa diaspora vieillissante. L'intention est louable, l'attractivité du championnat y gagne, et la venue de noms connus ramène du public dans les stades. Mais un championnat ne se développe pas en collectionnant les fins de carrière : il se développe en produisant les débuts. L'équilibre entre les deux fera la différence entre un mercato de communication et un mercato de construction.
Verdict dans les prochaines semaines
La piste doit encore franchir toutes les étapes, des exigences salariales du gardien à la concurrence éventuelle d'autres clubs. Le jour où Oukidja gardera les cages du 8-Mai-1945, l'Entente aura sécurisé son présent ; à elle de prouver qu'elle n'aura pas hypothéqué son avenir. Le mercato algérien de cet été raconte décidément une seule et même histoire : un football qui hésite entre son passé glorieux et sa jeunesse qui attend.
*Sources : Echabaka Sport, Livefoot*
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