Le dernier dribble de Belaïli : direction le MCA ?
Attendu à Tunis pour prolonger, Youcef Belaïli est rentré à Alger avec Benlamri, nouveau manager du Doyen. Le vol pour l'Autriche dira si le feuilleton est terminé.
Il dribble sur le terrain, il dribble en dehors. Alors que tout annonçait une prolongation imminente à l'Espérance de Tunis, Youcef Belaïli a rebattu les cartes en une soirée : ni signature, ni présence au stage de préparation des Sang et Or à Aïn Draham. L'attaquant est rentré lundi soir à Alger, et le détail qui affole les Chnaoua tient à son compagnon de voyage : Djamel Benlamri, fraîchement nommé manager et porte-parole du Mouloudia d'Alger. Le feuilleton de l'été algérois touche peut-être à son dénouement.
La vidéo qui a trompé tout le monde
Retour sur un contre-pied de maître. Ces derniers jours, Belaïli avait publié lui-même une vidéo de séance de musculation en maillot de l'Espérance, un signal que supporters et observateurs tunisiens avaient unanimement lu comme l'annonce d'un accord. La presse de Tunis évoquait encore hier une officialisation dans la journée. Et soyons francs : quand un joueur poste son propre leurre avant de changer de direction, on ne sait plus s'il faut applaudir le négociateur ou plaindre les supporters. À Tunis, où YB10 reste une idole pour ses années glorieuses avec les Sang et Or, le réveil est brutal.
Benlamri, l'arme de persuasion du Doyen
Le rôle de l'ancien défenseur international dans ce retournement mérite qu'on s'y arrête. Nommé récemment dans l'organigramme mouloudéen, le guerrier de la CAN 2019 connaît Belaïli comme peu d'hommes du football algérien : coéquipiers en sélection, champions d'Afrique ensemble au Caire, liés par des années de vestiaire. C'est lui qui a accompagné le retour à Alger, lui encore qui affiche publiquement sa certitude : Belaïli ne portera que les couleurs du Doyen la saison prochaine. Une chose est certaine : le MCA a compris qu'on ne recrute pas un joueur d'instinct avec des tableurs, mais avec des frères d'armes.
Le vol pour l'Autriche comme juge de paix
Le dénouement est mécanique : la délégation mouloudéenne s'envole ce mercredi pour son stage de préparation en Autriche, et la présence du nom de Belaïli sur la liste des voyageurs vaudrait engagement de fait avec le champion d'Algérie. L'Espérance, elle, n'a pas rendu les armes et annonce même côté tunisien un retour du joueur jeudi pour signer. Deux versions, deux aéroports, un seul homme : le suspense tient à une carte d'embarquement. Restera ensuite l'ombre du dossier que personne n'a oublié : la suspension FIFA contestée devant le TAS, qui conditionne toujours la date de son retour réel à la compétition.
L'enfant d'Oran face au choix du dernier chapitre
Au fond, ce feuilleton raconte une question plus intime : où un joueur de légende veut-il finir d'écrire son histoire ? Belaïli n'a jamais caché son attachement au club algérois, où il rêverait de conclure sa carrière, après avoir tout connu, de la Tunisie au Qatar en passant par la France et les sommets continentaux. Le Doyen lui offre l'amour inconditionnel de Bab El Oued ; l'Espérance, la reconnaissance d'une seconde patrie footballistique. Le jour où il montera dans l'un de ces deux avions, tout un peuple de supporters saura enfin à quoi ressemblera sa saison. En attendant, le dribbleur garde le ballon. Comme toujours.
*Source : Compétition*
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