Qu'attend l'Algérie pour candidater à la CAN 2028 ?
La CAF a ouvert les candidatures pour ses trois prochaines CAN et l'Égypte s'est déjà positionnée. Alger, elle, reste silencieuse malgré des stades flambant neufs.
La Confédération africaine de football a ouvert le guichet : les candidatures pour l'organisation des trois prochaines éditions de la CAN sont officiellement lancées. Et à peine le dossier ouvert, un nom circule déjà avec insistance pour 2028 : l'Égypte, prête à faire valoir ses infrastructures et son expérience d'organisatrice. Pendant ce temps, l'Algérie ne s'est pas positionnée. Un silence qui interroge, tant le pays coche les cases sur le papier.
Des stades neufs qui attendent leur grand rendez-vous
Commençons par l'évidence : l'Algérie n'a jamais été aussi équipée. Le stade Nelson-Mandela de Baraki, le Miloud-Hadefi d'Oran, le stade de Tizi-Ouzou, les enceintes rénovées de Constantine et d'Annaba : la dernière décennie a vu sortir de terre un parc de stades aux standards internationaux, éprouvé lors du CHAN 2022 organisé dans le pays. Ces infrastructures ont coûté des milliards de dinars publics et ne vivent aujourd'hui qu'au rythme du championnat national. Une CAN est précisément le type d'événement pour lequel elles ont été construites. Et soyons francs : des stades de 40 000 places sans grand tournoi, c'est un patrimoine qui dort.
Ce qu'une CAN à domicile changerait pour les Verts
L'argument sportif pèse tout autant. L'histoire de la compétition le montre : jouer chez soi transforme une sélection, et l'Algérie en sait quelque chose, elle qui a soulevé son premier trophée continental à Alger en 1990, dans un stade du 5-Juillet en fusion. La génération Maza, Hadj Moussa, Belaïd et Tougaï aura entre 26 et 28 ans en 2028, le sommet de sa courbe. Offrir à ce groupe une CAN à la maison, devant un public parmi les plus fervents du monde, ce serait aligner toutes les planètes du nouveau cycle. Le Maroc a construit sa montée en puissance sur cette stratégie exacte, en organisant tout ce que la CAF et la FIFA lui proposaient, jusqu'au Mondial 2030.
Les raisons probables de la prudence algérienne
Soyons justes : le silence d'Alger n'est pas forcément de l'inertie. La FAF traverse la pire crise institutionnelle de son histoire récente, entre un divorce coûteux avec Petkovic, un banc de sélectionneur vide, des révélations en cascade sur sa gestion et des finances sous tension. Se lancer dans un dossier de candidature exige un État sponsor, une fédération stable et une vision à cinq ans, trois conditions dont au moins une fait défaut aujourd'hui. Il y a aussi le souvenir de la candidature malheureuse pour la CAN 2025, attribuée au Maroc, qui a laissé des traces. Une chose est certaine : on ne gagne pas un dossier d'organisation avec une fédération qui éteint des incendies.
Le coût de l'attentisme
Mais la prudence a un prix. Chaque édition confiée à un rival régional renforce son influence à la CAF, son attractivité pour les sponsors et son avance diplomatique. L'Égypte, déjà organisatrice en 2019 au pied levé, avancera avec un dossier rodé. Si l'Algérie laisse encore passer son tour, la prochaine fenêtre réaliste s'éloignera vers les années 2030. Le pays a les stades, le public et une génération dorée en approche ; il lui manque une gouvernance capable de porter le projet. Le jour où la FAF sortira de sa crise, ce dossier devrait être le premier sur la table. Encore faut-il qu'il reste quelque chose à candidater.
*Sources : DZfoot, DzBallon*
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