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MONDIAL 2026

L'Afrique a fait trembler les grands, puis s'est éteinte

Dix qualifiés, un record de participation, des exploits face aux géants, mais aucune demi-finale. Bilan d'un Mondial où le continent a tout montré, sauf la fin.

Mohamed Filali· Rédacteur en chef··6 min·👁 145789 vues
L'Afrique a fait trembler les grands, puis s'est éteinte

L'histoire retiendra un chiffre et un regret. Le chiffre : pour la première fois, dix nations africaines ont disputé une Coupe du monde, et neuf ont franchi le premier tour, le meilleur taux de qualification de toutes les confédérations. Le regret : aucune n'a vu les demi-finales. Entre les deux, un mois de matchs où le continent a fait douter l'Espagne, l'Argentine, la France et l'Angleterre, avant de céder, presque toujours dans les dix dernières minutes. Voici le bilan, sans complaisance et sans autoflagellation.

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Le Cap-Vert, héroïque face à l'Argentine pour sa première
Le Maroc, seul à atteindre les quarts deux fois de suite
L'Égypte, la vraie injustice de ce Mondial
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Le Cap-Vert, la sensation que personne n'a vue venir

Commençons par les héros. Pour sa première participation, le Cap-Vert a terminé deuxième de son groupe derrière la seule Espagne, devant l'Uruguay et l'Arabie saoudite, sans perdre un match. Puis les Requins Bleus ont offert le frisson du tournoi : menés deux fois par l'Argentine championne du monde en seizièmes, ils ont recollé deux fois, poussant Messi et les siens jusqu'à la prolongation avant de céder 3-2. Un archipel de 500 000 habitants a tenu tête au champion du monde pendant 120 minutes. Personne ne connaissait leurs joueurs. Tout le monde connaît désormais leur drapeau.

L'Égypte et le Sénégal, les crève-cœurs

Les Pharaons ont livré un tournoi majuscule : premiers de leur groupe devant la Belgique, tombeurs de l'Australie aux tirs au but, puis bourreaux annoncés de l'Argentine en huitièmes avant de s'effondrer 3-2 en fin de match, dans une rencontre marquée par des décisions arbitrales que le banc égyptien conteste encore. Le Sénégal, lui, a hérité du groupe le plus relevé avec la France et la Norvège, qu'on retrouve aujourd'hui dans le dernier carré. Sortis des poules grâce à une large victoire sur l'Irak, les Lions menaient contre la Belgique avant de tout perdre dans le money-time. Et soyons francs : le Sénégal et la Côte d'Ivoire, sortie sur un but tardif de Haaland alors qu'elle dominait la Norvège, avaient un potentiel supérieur à leur résultat final.

Le symptôme qui traverse tout le continent

Car le fil rouge de ce Mondial africain saute aux yeux. La RD Congo, de retour 52 ans après l'aventure du Zaïre en 1974, a craqué face à l'Angleterre sur un but de Kane à cinq minutes du terme. L'Afrique du Sud est tombée sur le fil contre le Canada. Le Ghana s'est arrêté logiquement contre la Colombie, l'Algérie contre la Suisse, dans un tournoi que les coulisses de la FAF ont plombé avant même le coup d'envoi. Seule la Tunisie a totalement sombré, avec trois défaites et douze buts encaissés. Partout ailleurs, le même scénario : des Africains au niveau pendant 80 minutes, puis une fin de match perdue sur un détail. La différence entre l'Europe et l'Afrique ne se joue plus sur le talent, elle se joue sur les dix dernières minutes.

Le Maroc, la référence à nuancer

Restent les Lions de l'Atlas, seuls quart-de-finalistes, portés par un Bounou historique et tombés avec les honneurs face à la France (2-0). Le parcours est remarquable, mais il mérite sa nuance : un Brésil méconnaissable accroché en poules, des Pays-Bas éliminés aux tirs au but, un Canada balayé 3-0. Le Maroc a parfaitement joué les coups à sa portée, c'est une qualité, pas un miracle. Une chose est certaine : la régularité marocaine sur deux Mondiaux consécutifs est le vrai modèle à copier, plus que l'exploit isolé.

Ce que ce Mondial doit changer

Le format à 48 a offert à l'Afrique la place qu'elle réclamait, et le continent l'a saisie sur le plan comptable : dix victoires, dix nuls, dix défaites en poules, l'équilibre parfait avec l'élite mondiale. Ce qui manque désormais ne s'achète pas dans un mercato : la gestion des fins de match, la science du money-time, cette froideur que les Européens et les Sud-Américains apprennent dès les catégories jeunes. Le jour où l'Afrique saura tuer un match comme elle sait l'enflammer, ce continent ne comptera plus ses quarts de finale. Il comptera ses trophées.

*Sources : Atlasinfo, Minute.bf, Foot Mercato*

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