EN DIRECT · SCORES⚙ RÉDACTION
← AccueilFootball Africain
ARBITRAGE

La FIFA a désavoué la CAF : ses arbitres n'étaient pas les meilleurs

L'homme choisi pour la finale de la CAN a été recalé du Mondial, pendant que le VAR le plus contesté du tournoi était retenu. Une incohérence qui interroge les critères de la CAF.

Mohamed Filali· Rédacteur en chef··5 min·👁 654877 vues
La FIFA a désavoué la CAF : ses arbitres n'étaient pas les meilleurs

Posons le syllogisme simplement. Une finale de Coupe d'Afrique des nations est censée être confiée au meilleur arbitre du continent. Une Coupe du monde est censée réunir les meilleurs arbitres de chaque continent. Donc l'arbitre d'une finale de CAN devrait, en toute logique, figurer au Mondial suivant. Or Jean-Jacques Ndala, l'homme du sifflet de Maroc-Sénégal le 18 janvier dernier à Rabat, ne fait pas partie des sept arbitres centraux africains retenus par la FIFA pour la Coupe du monde 2026. Une des deux instances se trompe. Et ce n'est probablement pas celle qui a suivi les candidats pendant trois ans.

📊 Sondage
Comment la CAF choisit-elle ses arbitres ?
Par politique et équilibres régionaux, pas au mérite
Au mérite, la FIFA a simplement d'autres critères
Impossible de juger tant que les critères restent secrets
0 vote · Cliquez pour voter

Un désaveu public et documenté

Les faits d'abord. Le Congolais Ndala avait été l'homme fort de la CAN : match d'ouverture Maroc-Comores, Tanzanie-Tunisie en poules, puis la finale, préféré au Soudanais Mahmood Ismail un temps pressenti. Sa prestation lors de la finale, contestée par la partie sénégalaise, avait pourtant été validée par la commission d'arbitrage de la CAF, qui a publiquement défendu sa gestion du match. La FIFA, elle, a tranché autrement : Ndala ne figure pas dans la liste des 52 arbitres centraux du Mondial, sélectionnés selon Pierluigi Collina parmi des candidats suivis pendant trois ans. Une chose est certaine : quand la CAF dit excellent et la FIFA dit non, les deux ne peuvent pas avoir raison.

Le cas Atcho, l'autre versant du paradoxe

Le parcours du Gabonais Pierre Ghislain Atcho complète le tableau. Arbitre VAR du quart de finale Algérie-Nigeria, dont les décisions avaient soulevé un tollé côté algérien, il a été récompensé dans la foulée : arbitre central de la demi-finale Sénégal-Égypte, puis VAR de la finale, malgré les protestations formelles de la FAF restées sans réponse. Lui figure bien au Mondial. On peut y voir la confirmation de son talent, la FIFA l'ayant elle-même retenu. Mais on peut aussi s'interroger : dans quelle institution un officiel contesté enchaîne-t-il les nominations prestigieuses sans que la moindre explication publique soit donnée aux fédérations plaignantes ? Et soyons francs : ce n'est pas la compétence d'Atcho qui pose question, c'est l'opacité de ceux qui distribuent les matchs.

Ce que les désignations racontent vraiment

Car le problème dépasse les individus. Les désignations de la CAF obéissent à des logiques connues de tous les initiés : équilibres géographiques entre zones, neutralité vis-à-vis des équipes engagées, rotations diplomatiques entre fédérations. Des contraintes légitimes en partie, mais qui finissent par produire l'inverse d'une méritocratie : le match le plus important du continent n'est pas confié au meilleur sifflet disponible, il est confié au profil le plus acceptable politiquement. Le résultat se lit dans la liste du Mondial : Ghorbal, Beida, Jayed, Tom, Atcho, Amin Mohamed et Artan ont été jugés au niveau mondial. Le maître de cérémonie de la CAN, non.

L'arbitrage africain mérite mieux que ses instances

Le paradoxe est cruel, car le niveau individuel des arbitres africains n'a jamais été aussi reconnu : dix-neuf officiels du continent au Mondial, un record, et un Mustapha Ghorbal installé dans l'élite depuis 2022. Le talent existe, la formation progresse. C'est la gouvernance des désignations qui reste opaque, sans critères publiés ni comptes rendus. Le jour où la CAF publiera les évaluations de ses arbitres comme la FIFA assume ses listes, les polémiques mourront d'elles-mêmes. En attendant, chaque supporter africain gardera cette question en tête au prochain grand match : celui qui siffle est-il le meilleur, ou le mieux placé ?

*Sources : CAF, Sport News Africa, Afrik-Foot, Le Brief*

Reçois l'actu des Verts par mail
Le meilleur du football algérien & africain, directement dans ta boîte.
📘 Facebook𝕏 Twitter💬 WhatsApp💼 LinkedIn

Réactions (0)

🛡️ Commentaires modérés

Soyez le premier à réagir !

À lire aussi
L'Afrique a fait trembler les grands, puis s'est éteinte
L'Afrique a fait trembler les grands, puis s'est éteinte
Tougaï vers un départ de l'Espérance cet été
Tougaï vers un départ de l'Espérance cet été
L'Afrique a fait trembler les grands, puis s'est éteinte
Football Africain
L'Afrique a fait trembler les grands, puis s'est éteinte
Tougaï vers un départ de l'Espérance cet été
Football Africain
Tougaï vers un départ de l'Espérance cet été
Mondial 2026 : 9 nations africaines en 16es, un record historique
Football Africain
Mondial 2026 : 9 nations africaines en 16es, un record historique
Mondial 2026 : qui s'en sort vraiment pour l'Afrique ?
Football Africain
Mondial 2026 : qui s'en sort vraiment pour l'Afrique ?
Slimane Raho champion du Congo avec le TP Mazembe
Football Africain
Slimane Raho champion du Congo avec le TP Mazembe