La CAF enferme les géants du Nord dans la même zone
La Ligue des nations africaine, lancée en 2029, réunira l'Algérie, le Maroc, l'Égypte et la Tunisie dans une zone unique. Des derbys officiels chaque année.
Imaginez un Algérie-Maroc officiel chaque automne, un Algérie-Égypte qui compte vraiment, une Tunisie-Libye à enjeu réel. Ce fantasme de supporter deviendra réalité contractuelle : la Confédération africaine de football a confirmé le lancement de la Ligue des nations africaine à partir de 2029, et son format zonal placera les six nations d'Afrique du Nord dans un même groupe. L'Algérie, le Maroc, l'Égypte, la Tunisie, la Libye et la Mauritanie s'affronteront régulièrement, avec un titre continental au bout. La CAF vient d'inventer le chaudron permanent.
Comment fonctionnera la compétition
Le principe, annoncé par le président Patrice Motsepe en décembre dernier à Rabat, s'inspire du modèle européen tout en l'adaptant à la géographie du continent. Les 54 sélections seront réparties en quatre zones : Afrique du Nord, Afrique de l'Est, Afrique de l'Ouest, et une zone regroupant le centre et le sud. Les matchs de groupe se joueront sur les fenêtres FIFA de septembre et octobre, sans tirage au sort puisque la géographie décide de tout. Puis les quatre champions de zone se retrouveront en novembre pour une phase finale : demi-finales et finale, un pays hôte, un trophée. Cette compétition comblera le vide laissé par le passage de la CAN à un rythme quadriennal, avec aucune épreuve de sélections les années de Coupe du monde. Une chose est certaine : le calendrier africain ne connaîtra plus d'années blanches.
Pour l'Algérie, la zone la plus dure et la plus belle
Regardons la carte en face : la zone Nord ne compte que six équipes, mais quelle densité. Le Maroc, demi-finaliste mondial en 2022 et quart-de-finaliste en 2026. L'Égypte, nation la plus titrée de l'histoire de la CAN. La Tunisie, mondialiste régulière malgré son naufrage de cet été. Et l'Algérie, double championne d'Afrique, qui devra dominer ce panier de crabes pour espérer disputer la phase finale. Fini les tirages cléments : chaque campagne passera par le Maroc et l'Égypte. Et soyons francs : c'est exactement ce dont le football algérien a besoin. On ne progresse pas en battant des sparring-partners, on progresse en affrontant ses rivaux dans des matchs qui comptent.
Des enjeux qui dépassent le terrain
Ce format annuel transformera aussi l'économie et la passion régionales. Des affiches Algérie-Maroc ou Égypte-Tunisie garanties chaque saison, c'est une manne télévisuelle considérable pour la CAF, des stades pleins assurés, et des soirées de fièvre pour les diasporas, de Barbès à Bruxelles et Montréal, où ces rivalités structurent des communautés entières. C'est aussi un défi diplomatique et sécuritaire que personne ne doit sous-estimer, tant certaines de ces confrontations charrient d'histoire. La CAF parie que la répétition banalisera la tension et installera une rivalité sportive assumée, comme l'Europe l'a fait avec ses classiques.
Un horizon qui concerne déjà la reconstruction des Verts
2029 paraît loin, mais le cycle qui s'ouvre aujourd'hui y mène directement. La génération Maza, Hadj Moussa, Belaïd et Tougaï aura alors entre 27 et 29 ans, l'âge d'or d'un footballeur. Le sélectionneur que la FAF cherche encore construira, qu'il le sache ou non, l'équipe qui inaugurera cette compétition. Le jour où l'Algérie remportera la première Ligue des nations africaine face au Maroc ou à l'Égypte, ce trophée-là vaudra presque une CAN dans le cœur des supporters. Autant commencer à le préparer maintenant.
*Sources : Goal, CAF, Africa Top Sports*
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