Petkovic mise sur le mental après le revers argentin
Le sélectionneur des Fennecs a engagé le travail psychologique dès le vestiaire. Reconstruire la confiance avant de penser tactique : le bon pari ?
Une lourde défaite ne se digère pas seulement avec des schémas tactiques. Vladimir Petkovic l'a compris immédiatement. Après le revers de l'Algérie face à l'Argentine au Mondial 2026, le sélectionneur des Fennecs a fait un choix clair : remettre la tête avant les jambes.
Le travail commence au vestiaire
À peine le coup de sifflet final retenti, le staff technique s'est attelé à un chantier invisible mais décisif : effacer l'empreinte émotionnelle de la défaite. L'objectif tient en quelques mots, restaurer la confiance et convaincre les joueurs que le parcours reste totalement ouvert dans cette phase de groupes.
Le mental, voilà le vrai terrain de la prochaine bataille. Petkovic le sait, une équipe qui doute peut se saborder bien avant le coup d'envoi suivant. Plutôt que de ressasser les erreurs, le technicien a préféré projeter son groupe vers la suite, là où tout peut encore se jouer.
Une équipe jeune face à l'épreuve
La particularité de cette sélection complique l'équation. Une grande partie de l'effectif dispute sa toute première Coupe du monde. Affronter l'Argentine pour des débuts, c'est recevoir une leçon à la dureté immédiate. La marche était haute, et le choc psychologique réel.
Une équipe jeune ne se construit pas dans le confort. C'est dans ces soirées difficiles que se forgent les caractères, ou que se révèlent les fragilités. Petkovic mise sur la première option, convaincu que ce groupe a les ressources pour transformer la douleur en énergie. Encore faut-il que le message passe au-delà des mots.
Les cadres en première ligne
C'est ici que l'expérience devient une arme. Riyad Mahrez, Aïssa Mandi et Nabil Bentaleb se retrouvent investis d'un rôle qui dépasse leur poste : accompagner les plus jeunes, leur montrer comment on relève la tête, comment on regarde déjà le match suivant. Les vétérans deviennent des relais du discours du sélectionneur.
Petkovic l'a compris, le déclic viendra des têtes avant de venir des pieds. Gérer l'émotionnel, restaurer l'estime collective, replacer chacun dans une dynamique de conquête : voilà sa priorité affichée, bien avant les ajustements de système ou les choix d'animation.
Un pari à hauts risques
Miser sur le mental, c'est aussi accepter une part d'incertitude. Les mots rassurent, mais seuls les actes convainquent durablement. Si la réponse ne vient pas sur le terrain, le doute reviendra plus fort encore. Petkovic joue donc gros, conscient que la frontière entre l'apaisement et l'illusion est mince.
L'histoire du football algérien a montré que ce groupe sait se sublimer quand on le croit à terre. De Belloumi à Mahrez, les Verts ont souvent répondu à l'adversité par l'orgueil. La question, désormais, est de savoir si cette génération saura écrire le même genre de réponse, ou si la marche du Mondial était simplement trop haute.
_Source : Foot Afrique_
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