Bensebaïni-Mandi : la charnière qui inquiète l'Algérie
Après la défaite 3-0 face à l'Argentine, Djamel Benlamri tacle le duo défensif et le choix de Petković. Une critique qui relance un vieux débat.
La gifle reçue face à l'Argentine (0-3) pour l'entrée des Fennecs au Mondial 2026 n'a pas seulement laissé des regrets. Elle a rouvert un débat que beaucoup pensaient enterré : celui de la charnière centrale. Et c'est un ancien défenseur de la sélection, Djamel Benlamri, qui a jeté un pavé dans la mare.
Une charnière déjà dans le viseur
Sur le plateau de l'émission saoudienne « Dawrina Ghir », Benlamri n'a pas mâché ses mots. « On continue de voir cette même charnière alignée en défense, Bensebaïni et Mandi, celle qui n'a pas marché à la Coupe d'Afrique. » La phrase claque, parce qu'elle vise un duo de cadres et parce qu'elle pointe une répétition que beaucoup de supporters avaient remarquée.
Le reproche n'est pas la qualité individuelle. Bensebaïni reste un défenseur de très haut niveau, Mandi un cadre respecté. Le problème, selon l'ancien international, c'est l'association. Deux bons joueurs ne font pas forcément une bonne paire.
Le procès du onze de départ
Benlamri ne s'est pas arrêté à la défense. Il a qualifié l'absence de Riyad Mahrez de « la plus grosse erreur qu'un entraîneur puisse commettre ». Le ton est sévère, mais il traduit un sentiment partagé de Bab El Oued à la diaspora de France et de Belgique : comment se priver de son meilleur joueur pour un tel rendez-vous ?
L'ancien défenseur a aussi déploré le manque d'agressivité face à Lionel Messi, laissé trop libre entre les lignes, et la transparence des jeunes attaquants, dépassés par l'événement. Le tableau dressé est dur. Mais il a le mérite de poser les vraies questions.
Le débat qui divise l'Algérie
Faut-il tout remettre en cause après un seul match ? C'est là que le débat s'enflamme. Une défaite face à l'Argentine n'est pas une honte ; c'est même le scénario le plus probable sur le papier. Mais la manière, elle, interroge. Quand un observateur aussi posé que Benlamri monte au créneau, on ne peut pas balayer la critique d'un revers de main.
Les plus grandes défenses algériennes, de l'époque dorée jusqu'aux héros de 2019, ont toujours reposé sur des associations qui se complétaient. Aligner deux profils par habitude plutôt que par logique tactique, c'est s'exposer aux soirs sans. Et soyons francs, l'Argentine a su exactement où appuyer.
Et maintenant ?
Le plus dur commence pour Vladimir Petković. Maintenir sa charnière, c'est assumer un choix déjà contesté à la CAN. La modifier, c'est reconnaître publiquement une erreur. Aucune option n'est confortable, et c'est tout l'enjeu des prochains matchs.
Une chose est certaine : une sélection ne se construit pas sur l'entêtement. Le Mondial ne fait que commencer, et les Fennecs ont encore leur destin en main. Mais Petković osera-t-il toucher à une défense que tout le pays regarde désormais d'un œil méfiant ?
*Source : La Gazette du Fennec*
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