Arbitrage Algérie-Argentine : la FAF saisit officiellement la FIFA
Face au scandale du carton rouge oublié sur Messi et aux multiples décisions controversées de Marciniak, la Fédération algérienne porte le dossier devant la FIFA. Démarche inédite.
L'information vient de tomber et elle change la nature du dossier. Selon TSA Algérie, la Fédération algérienne de football a officiellement saisi la FIFA sur les décisions arbitrales prises lors du match Algérie-Argentine du 16 juin. Une démarche rare, presque inédite, qui marque une rupture nette dans le traitement habituel des polémiques arbitrales par les institutions footballistiques algériennes. Et soyons francs : c'est exactement la réaction que tous les supporters algériens attendaient depuis 48 heures, et que beaucoup n'osaient plus espérer.
Les décisions de l'arbitre polonais Szymon Marciniak et de la VAR n'ont pas seulement scandalisé la diaspora algérienne. Elles ont provoqué une indignation mondiale. La FAF, en saisissant officiellement la FIFA, prend enfin ses responsabilités. Décryptage de cette démarche historique.
Une saisine qui n'a rien d'anodin
Les saisines officielles d'une fédération auprès de la FIFA sur des questions d'arbitrage sont rares. Très rares. Elles sont d'ordinaire évitées par les nations qui craignent les représailles indirectes, comme un traitement défavorable lors des futurs tirages ou désignations arbitrales. Mais la situation algérienne ne permettait plus le silence. Le geste de Lionel Messi sur Aïssa Mandi à la 32e minute, validé par l'indifférence totale de Marciniak et de la VAR, dépassait largement le cadre de la simple erreur technique.
L'unanimité internationale contre la décision arbitrale, des ex-arbitres de Premier League aux consultants ESPN, des chaînes allemandes à la presse argentine elle-même, a sans doute pesé dans la décision de la FAF. Quand le monde entier vous donne raison, vous ne pouvez plus rester silencieux. Walid Sadi, président de la FAF, a tranché. Une chose est certaine : ce geste de fermeté restera comme un signal fort envoyé au football mondial.
Le dossier algérien : un argumentaire solide
La saisine officielle n'est pas qu'un cri de colère. Elle s'appuie sur un argumentaire technique étayé. Le geste de Messi, semelle haute par derrière sur le mollet d'Aïssa Mandi, correspond précisément aux critères d'une faute violente sanctionnée par un carton rouge direct selon les règlements de l'International Football Association Board. Patrick Ittrich, l'ex-arbitre allemand de Bundesliga, l'a démontré dans son analyse pour MagentaTV. Mark Halsey, ancien arbitre de Premier League, a confirmé cette lecture. Et plus de dix consultants internationaux ont validé le même verdict.
Le dossier de la FAF dispose donc d'éléments solides. Au-delà du seul carton rouge oublié, plusieurs autres décisions arbitrales prises par Marciniak interrogent. La gestion globale du match a été pointée du doigt par les supporters algériens, qui n'oublient pas non plus les mauvais souvenirs laissés par le Polonais lors de la Coupe arabe des nations 2022. Le timing de cette saisine, juste 48 heures après le coup de sifflet final, montre que la FAF n'a pas voulu attendre que la polémique retombe.
Que peut faire concrètement la FIFA ?
Voilà la vraie question. Sur le plan strictement disciplinaire, la FIFA ne peut pas modifier le résultat du match. C'est une règle de base du football mondial. Aucune décision ne reviendra sur le 3-0 inscrit au tableau d'affichage de l'Arrowhead Stadium. Mais d'autres conséquences sont possibles, et elles ne sont pas négligeables.
Une enquête interne pourrait être ouverte par la commission des arbitres présidée par Pierluigi Collina. Szymon Marciniak pourrait être écarté du reste de la compétition, ce qui constituerait déjà une forme de reconnaissance implicite de son erreur. La VAR du match pourrait également faire l'objet d'un examen. Plus largement, le précédent algérien pourrait peser dans les prochaines désignations et obliger la FIFA à plus de rigueur dans le suivi de l'arbitrage. Le jour où la FIFA prendra des sanctions officielles contre Marciniak, ce sera la première grande victoire de cette saisine.
Walid Sadi prend ses responsabilités
Il faut saluer le geste du président de la FAF. Trop souvent, les fédérations africaines et maghrébines ont préféré le silence diplomatique aux démarches officielles. Trop souvent, on a regardé passer les injustices arbitrales en se contentant de protester sur les plateaux de télévision. Cette fois, c'est différent. Walid Sadi a choisi le terrain institutionnel, là où les décisions sont prises et où elles peuvent peser pour l'avenir.
Pour la diaspora algérienne, en France, en Belgique, au Canada et partout dans le monde, ce geste résonne fortement. Il prouve que les institutions algériennes peuvent défendre les couleurs nationales avec dignité et fermeté. Que les Verts ne sont pas seuls. Que l'iniquité ne passe plus comme avant. Une chose est sûre : la FAF, en saisissant la FIFA, a fait honneur au maillot. Maintenant, c'est à l'institution suprême du football mondial de répondre.
Le silence de la FIFA va devenir intenable
Depuis 48 heures, la FIFA n'a publié aucun communiqué officiel sur la polémique du carton rouge oublié. Gianni Infantino n'a pas réagi. Pierluigi Collina, président de la commission des arbitres, est resté silencieux. Marciniak lui-même n'a fait aucune déclaration. Mais la saisine officielle de la FAF change la donne. Désormais, la FIFA ne pourra plus se contenter du silence. Elle devra répondre, expliquer, justifier. Ou alors confirmer définitivement les soupçons d'un traitement de faveur pour les grandes stars du football mondial.
Les prochaines heures et les prochains jours seront décisifs. Si la FIFA refuse de répondre ou se contente d'un communiqué technique sans portée, le malaise se confirmera. Si elle accepte d'ouvrir une enquête sérieuse, ce sera la preuve que la pression internationale a fonctionné. Pour la diaspora algérienne, la patience s'amenuise. Et le monde regarde.
Et maintenant ?
Les Verts retrouveront la pelouse samedi face à la Jordanie, et c'est là que l'essentiel se jouera désormais sur le plan sportif. Mais sur le plan institutionnel, le dossier reste ouvert. La saisine de la FAF est une étape, pas un aboutissement. Il faudra suivre la réaction de la FIFA dans les prochaines heures. Il faudra écouter ce que dira Pierluigi Collina, s'il se décide à parler. Il faudra observer si Marciniak sera maintenu ou écarté pour la suite du tournoi. Pour DzChronique, ce dossier ne se refermera pas tant que la FIFA n'aura pas donné une réponse digne de la gravité des faits. La diaspora algérienne mérite cette transparence. Et c'est précisément pour ça que la FAF a choisi de saisir l'institution suprême du football mondial.
*Source : TSA Algérie*
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