Le doublé n'ouvre pas toutes les portes
Interrogé sur l'ailier de Hull City, le sélectionneur n'a pas fermé la porte. Il ne l'a pas ouverte non plus, et il a choisi ses mots avec soin.
La question était attendue, et elle est tombée. Bachir Belloumi, deux buts à Stamford Bridge une semaine plus tôt, sera-t-il titulaire contre la Zambie ?
Une réponse en deux temps
Brahim Hemdani n'a pas éludé. Il a d'abord reconnu l'évidence : l'ailier de Hull City « a des qualités ». Puis il a ajouté la deuxième moitié de la phrase, celle qui compte : « au même titre que les autres. Il faudra qu'il m'incite à le faire démarrer. »
Traduction : le doublé de Premier League a valu une convocation, pas une place. La nuance est claire, et elle est cohérente avec tout ce que le sélectionneur a dit par ailleurs sur l'absence de statuts acquis dans ce groupe. Elle vaut pour les cadres comme pour les nouveaux venus.
Un message adressé à tout le vestiaire
Il y a une logique dans cette sortie. Si Hemdani avait annoncé Belloumi titulaire après deux buts à Chelsea, il aurait lui-même installé le principe qu'une performance en club suffit à décrocher une place. Or c'est exactement ce qu'il refuse. Le stage qui s'est ouvert à Baraki dure jusqu'au 6 octobre : le sélectionneur dispose de séances, de mises en situation, d'oppositions. Il veut visiblement que la décision se prenne là, sur le pré, pas sur la base d'un résumé vidéo.
Et soyons francs...
cette prudence tombe au bon moment pour Belloumi. Un joueur lancé d'entrée dans une qualification à domicile, à Tizi Ouzou, devant un public qui attend une victoire large, ne bénéficie d'aucune indulgence. Un match moyen et le voilà rangé parmi les feux de paille. Entrer en cours de jeu, dans une rencontre où les espaces s'ouvrent, correspond mieux à son profil de joueur de profondeur et de finition.
Une concurrence dense sur le front de l'attaque
Il faut aussi regarder le groupe. Amine Gouiri, Mohamed Amine Amoura, Anis Hadj Moussa, Ilan Kebbal, Monsef Bakrar, Amine Chiakha : Hemdani a retenu huit attaquants. À ce poste, la concurrence n'est pas une formule de conférence de presse, c'est une réalité quotidienne à l'entraînement. Belloumi arrive avec l'élan du moment, les autres arrivent avec des mois de sélection derrière eux.
Une chose est certaine... le sélectionneur lui a laissé une porte entrouverte, et il l'a fait publiquement. « Il faudra qu'il m'incite » n'est pas un refus, c'est une invitation assortie d'une condition. Deux semaines de stage pour transformer un doublé anglais en argument algérien.
Le jour où Bachir Belloumi obligera son sélectionneur à l'aligner, la phrase de Baraki prendra tout son sens.
*Sources : La Nouvelle République, Fennec Football, L'Express DZ.*
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