Le dossier que Hemdani a rouvert
Une semaine de travail sur le sujet, aucun nom lâché en conférence de presse. Le sélectionneur avance sur un terrain où l'Algérie a déjà beaucoup perdu.
C'est le dossier qui revient à chaque changement de sélectionneur, et celui sur lequel l'Algérie a accumulé le plus de déceptions. Brahim Hemdani l'a rouvert dès sa première semaine de travail.
Un travail de fond, pas une déclaration d'intention
« Nous avons passé beaucoup de temps la semaine dernière à étudier ce dossier. Nous essayons de les convaincre, c'est un processus complexe. » La formulation est intéressante par ce qu'elle ne dit pas. Pas de nom, pas de promesse, pas d'annonce imminente. Un travail d'identification et d'approche, présenté comme long et incertain.
C'est une manière de parler qui tranche avec les habitudes. Le sujet des binationaux a souvent été traité en déclarations : untel serait proche, untel hésiterait, untel aurait donné son accord. Le résultat est connu : des annonces démenties, des joueurs qui finissent ailleurs, et un public qui vit chaque refus comme une blessure.
Pourquoi c'est si difficile
Parce que la concurrence est frontale. Les meilleurs talents algériens formés en Europe sont suivis par les fédérations de leur pays de naissance, qui disposent d'arguments massifs : la perspective de compétitions majeures, des structures de sélection de jeunes, une pression médiatique constante. Convaincre un joueur de dix-huit ou vingt ans de choisir l'Algérie, c'est lui demander de trancher une question identitaire au moment précis où sa carrière se construit.
À cela s'ajoute le calendrier. Un binational qui hésite ne se décide pas en quelques semaines, et le sélectionneur n'a aucun moyen d'accélérer le processus sans donner l'impression de forcer la main.
Et soyons francs...
le silence sur les noms est la meilleure chose qui pouvait arriver à ce dossier. Chaque fois qu'un nom sort dans la presse avant que le joueur n'ait tranché, la pression retombe sur lui et complique le travail de la fédération. Hemdani a manifestement compris qu'on ne négocie pas sur la place publique.
Ce que ça dit de sa méthode
En une semaine, le sélectionneur a affiché trois lignes cohérentes : une identité de jeu à construire, pas de statuts acquis, et un travail de fond sur le recrutement des binationaux. Ce sont des chantiers de moyen terme, pas des réponses aux urgences du mois. Pour un homme qui doit jouer deux qualifications dans les dix jours, c'est un choix de posture assez courageux.
Une chose est certaine... la CAN 2027 se prépare maintenant, et l'équipe qui la disputera ne sera pas exactement celle qui affrontera la Zambie le 25 septembre. C'est précisément ce que le sélectionneur est en train de dire.
Le jour où un talent formé en Europe choisira les Verts sans avoir été supplié, on saura que ce travail-là a payé.
*Sources : Fennec Football, La Nouvelle République.*
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