C'est moi qui fais les choix
Première conférence de presse au stade Nelson-Mandela de Baraki, et un sélectionneur qui n'a pas cherché à séduire. Le ton était posé dès la première question.
Il y a des premières conférences de presse qui servent à rassurer. Celle de Brahim Hemdani servait à cadrer.
Une prise de parole sans détour
Dans la salle Mohamed-Sellah du stade Nelson-Mandela de Baraki, le nouveau sélectionneur s'est présenté devant la presse pour la première fois depuis sa nomination. Il n'a pas commencé par les compliments d'usage. Il a commencé par le cadre : « Je suis le coach principal, c'est moi qui fais les choix. Il n'y a aucune ambiguïté. » La phrase paraît anodine. Elle ne l'est pas, dans un contexte où son staff réunit deux figures du football algérien, Anthar Yahia comme adjoint et Moussa Saïb comme manager général, et où chacun s'interrogeait sur la répartition réelle des rôles.
Une identité de jeu avant les résultats
Sur le projet, le discours est cohérent : bâtir progressivement une équipe dotée d'une identité de jeu claire, avec la qualification à la CAN 2027 comme premier objectif. Le mot « progressivement » mérite d'être souligné. Hemdani ne promet pas un bouleversement en deux matchs. Il annonce un chantier, un équilibre entre générations, et surtout l'absence de statuts acquis : personne n'entre dans ce groupe avec une place garantie par son passé.
C'est une rupture assumée avec une époque où la hiérarchie de la sélection se lisait avant même le coup d'envoi. Les retraites internationales de Riyad Mahrez et d'Aïssa Mandi après le Mondial 2026 ont d'ailleurs vidé le vestiaire de ses repères les plus installés. Le moment est donc favorable à ce genre de discours.
Et soyons francs...
un sélectionneur qui affirme son autorité avant son premier match prend un risque. Ces phrases-là vieillissent très mal en cas de mauvais départ. Si l'Algérie trébuche contre la Zambie le 25 septembre à Tizi Ouzou, « c'est moi qui fais les choix » se retournera contre lui en quarante-huit heures, dans les studios comme sur les réseaux. Hemdani le sait probablement, et il a choisi de le dire quand même.
La question des critiques, réglée d'avance
Il a d'ailleurs anticipé le sujet : les critiques font partie du métier, et il ne cherche pas à faire l'unanimité. Là encore, la formule est plus intéressante qu'elle n'en a l'air. Le football algérien exerce sur ses sélectionneurs une pression permanente, alimentée par un public exigeant et une couverture médiatique qui ne laisse rien passer. Annoncer qu'on ne cherchera pas à plaire, c'est se donner un peu d'air pour les décisions impopulaires à venir.
Une chose est certaine... il faudra que le contenu suive. Un discours d'autorité ne tient que s'il s'accompagne d'une équipe qui ressemble à quelque chose sur le terrain. Deux matchs de qualification et un amical face au Niger le 6 octobre : la fenêtre est courte pour commencer à installer cette fameuse identité.
Le jour où on verra cette identité de jeu à l'œuvre pendant quatre-vingt-dix minutes, on pourra juger le sélectionneur sur autre chose que ses mots.
*Sources : La Nouvelle République, Fennec Football, Foot Afrique.*
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