CRB : la levée de l'interdiction FIFA change tout
Le Chabab a obtenu la levée de sa sanction à trois jours de la clôture du mercato. Soulagement mérité ou avertissement sur la gestion du club ?
Il y a des victoires qui ne se jouent pas sur un terrain. Celle du CR Belouizdad s'est arrachée dans des bureaux, à coups de dossiers, de courriers et de nuits blanches. Et elle vaut peut-être plusieurs points au classement.
Une course contre la montre gagnée sur le fil
Jeudi 28 août 2026, aux alentours de 16h30, la sanction est tombée. Ou plutôt : elle a été levée. L'interdiction de recrutement qui frappait le club, liée au non-respect des exigences relatives au statut de club professionnel, appartient au passé. Le Chabab a officialisé la nouvelle par un communiqué le soir même, à 19h50.
Derrière ces horaires précis, il y a une vraie tension. Le mercato ferme le 31 août à 23h59. Trois jours. Soixante-douze heures pour transformer une bonne nouvelle administrative en effectif réellement utilisable. Car la levée de la sanction n'équivaut pas à la qualification des joueurs : les démarches pour officialiser les nouvelles recrues restaient en cours au moment de l'annonce.
Une sanction levée ne vaut rien tant qu'un joueur n'est pas qualifié.
Un mercato ambitieux qui restait suspendu dans le vide
Le plus troublant dans cette affaire, c'est le décalage. Pendant que le club menait un recrutement ambitieux sous la conduite du directeur sportif Djaber Naamoune, personne ne savait avec certitude si ces joueurs pourraient être alignés. Recruter sans garantie de qualification, c'est bâtir une maison sans savoir si le terrain vous appartient.
On imagine sans peine l'état d'esprit du staff technique : préparer une saison entière avec un effectif dont une partie était juridiquement invisible. Chaque séance d'entraînement se déroulait avec un point d'interrogation collé au dos de plusieurs maillots. Aujourd'hui, ce point d'interrogation a sauté, et l'encadrement peut enfin travailler avec des certitudes.
Ce que cet épisode dit du football algérien
Soyons francs : le vrai sujet n'est pas la levée de la sanction, c'est la sanction elle-même. Le CRB n'est pas un club anonyme. C'est l'un des noms qui pèsent dans l'histoire du football algérien, un club dont les supporters remplissent les tribunes à Alger comme ils suivent les résultats depuis Paris, Bruxelles ou Montréal. Voir une institution pareille bloquée par un dossier de conformité administrative interroge sur la professionnalisation du championnat dans son ensemble.
Le talent se recrute, la rigueur administrative se construit.
La Ligue professionnelle algérienne a fait des progrès réels ces dernières années, mais des épisodes de ce type rappellent que l'exigence du statut professionnel n'est pas une formalité de façade. Les clubs qui veulent exister sur la scène continentale, face à des adversaires égyptiens, marocains ou sud-africains parfaitement structurés, ne peuvent pas se permettre de jouer leur mercato à la dernière minute.
Reste maintenant à transformer l'essai
Le soulagement est réel, mais il ne dispense de rien. Les formalités doivent être bouclées avant la fermeture du registre, et la marge est mince. Ensuite viendra la partie la plus honnête du jugement : celle du terrain. Un recrutement ambitieux ne vaut que par ce qu'il produit un dimanche après-midi, sous pression, quand le stade attend un résultat.
Le Chabab a récupéré son droit de recruter. Il lui reste à prouver qu'il en avait vraiment besoin.
*Source : Compétition.dz*
Réactions (0)
Soyez le premier à réagir !





