Entraînement en solo à 14h : Merbah à l'épreuve
Malgré la réconciliation actée par le président Boudedja, Karim Belhocine impose un traitement singulier à son gardien, convoqué seul à un entraînement pendant le match amical de ses coéquipiers.
On croyait le feuilleton refermé, il ne faisait que changer de chapitre. Alors que l'intervention du président Adel Boudedja semblait avoir scellé la réconciliation entre Gaya Merbah et la JS Kabylie, avec une réintégration actée dans le groupe professionnel, Karim Belhocine en a décidé autrement. Selon La Gazette du Fennec, l'entraîneur des Canaris a réservé à son gardien un traitement pour le moins singulier : samedi, pendant que ses coéquipiers disputaient un match amical de préparation, Merbah a été convoqué seul à un entraînement sur le tartan du stade du 1er-Novembre, à 14 heures, en pleine chaleur d'août.
Retour sur un été de tensions
Pour mesurer la portée de cet épisode, il faut dérouler le fil d'un conflit qui empoisonne l'intersaison kabyle. Tout part de l'envie de départ exprimée par Merbah, réitérée à la reprise, et de l'arrivée d'Alexis Guendouz qui rebattait la hiérarchie des gardiens. S'en sont suivies des négociations de résiliation houleuses, le gardien réclamant sept mensualités d'indemnités quand la direction refusait, chacun campant sur ses positions autour des salaires impayés de sa convalescence. Le club a même publié un communiqué officiel rappelant que le contrat restait pleinement en vigueur et que personne n'était assuré d'une place de titulaire.
La tension est montée jusqu'au point de rupture : interdiction d'entraînement, bannissement du groupe WhatsApp de l'équipe, mandat donné au directeur sportif Yazid Mansouri pour négocier le départ. Puis le président Boudedja a joué les pompiers, obtenant de Merbah qu'il accepte la concurrence et de Belhocine qu'il reprenne son gardien. Une paix des braves... que le technicien franco-algérien semble décidé à éprouver à sa manière.
Méthode forte ou jeu dangereux ?
Et soyons francs : cette mise à l'épreuve interroge autant qu'elle divise. Les partisans de Belhocine y verront la fermeté d'un coach qui refuse de laisser un joueur dicter ses conditions, et qui rappelle à tout le vestiaire que la réintégration se mérite sur le terrain, pas dans le bureau du président. Ses détracteurs y liront une forme d'acharnement contre-productif envers un gardien qui reste sous contrat, apprécié du public de Tizi, et dont le club pourrait encore avoir besoin sur une longue saison à plusieurs compétitions. Entre remise au pas et bras de fer d'ego, la frontière est mince, et le vestiaire observe.
Le timing, surtout, pose question. À trois jours de l'entame du championnat, la JSK version mercato cinq étoiles devrait concentrer toutes ses énergies sur ses ambitions retrouvées, pas sur une guerre interne au poste de gardien. L'expérience du football algérien l'enseigne : les feuilletons de ce genre finissent rarement sans dégâts collatéraux.
L'autorité, oui, le feuilleton, non
Une chose est certaine : la gestion de ce dossier constituera le premier vrai test de la saison pour Belhocine, avant même le premier coup d'envoi. S'il parvient à transformer cette fermeté en respect durable sans perdre son gardien ni son vestiaire, il aura assis son autorité. Si l'affaire s'envenime encore, elle deviendra le caillou dans la chaussure d'une équipe qui n'en demandait pas tant.
Le jour où la JSK jouera sa première grande échéance de la saison, plus personne ne devra parler du cas Merbah. C'est tout ce qu'on souhaite aux Canaris, et à un gardien qui mérite mieux qu'un tartan désert à 14 heures.
Sources : La Gazette du Fennec, Compétition, Fennec Football
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