Benstiti raconte les coulisses de l'exploit
Dans un entretien accordé à la FAF, le sélectionneur des Vertes revient sur la qualification historique face à la Côte d'Ivoire, entre analyse tactique, hommages et projection vers la demi-finale.
Trois jours après la plus belle soirée de l'histoire du football féminin algérien, Farid Benstiti a pris le temps de raconter. Dans un entretien accordé à la Fédération algérienne de football, relayé par La Gazette du Fennec, le sélectionneur des Vertes est revenu sur la qualification renversante face à la Côte d'Ivoire, qu'il qualifie lui-même d'extraordinaire, et sur le chemin parcouru pour en arriver là.
La demi-finale d'abord, le Mondial en bonus
Premier enseignement de ses confidences : la hiérarchie des objectifs était claire dès le départ. La priorité affichée était de faire mieux que l'édition précédente en atteignant le dernier carré. *« En ligne de mire, on avait aussi cette qualification pour la Coupe du Monde, mais elle reste quand même la cerise sur le gâteau »*, explique le technicien. Une manière de rappeler que cette équipe ne s'est pas qualifiée au Brésil par accident, mais au bout d'un plan assumé.
Sur le match lui-même, Benstiti insiste sur un moment charnière : la causerie de la mi-temps, alors que son équipe venait de renverser une situation mal embarquée. Il décrit un vestiaire à l'écoute, sans nervosité, conscient de son avantage numérique et capable de patience. Le sélectionneur n'oublie pas de saluer la valeur de l'adversaire ivoirien, qu'il considère comme une très bonne équipe, loin du statut de victime facile que certains lui prêtaient.
Une progression méthodique, pas un miracle
Et soyons francs : le passage le plus instructif de cet entretien concerne la construction de l'équipe. Benstiti détaille une progression pensée dans la durée, qui ne se limite pas au terrain : calendrier, planification, projet de jeu. Le socle a d'abord été défensif, avec une gardienne fiable et un milieu consistant, avant d'irriguer progressivement le secteur offensif, devenu performant à son tour. Une méthode de bâtisseur, à rebours des coups d'éclat sans lendemain.
L'homme a aussi tenu à régler une dette de reconnaissance. Le sélectionneur remercie chaleureusement le président de la FAF, dont il salue le soutien constant : *« dans des moments difficiles, c'est la personne qui ne m'a jamais lâché »*. Une confidence qui en dit long sur les turbulences traversées en coulisses avant de connaître cette consécration.
Cap sur le Malawi
Une chose est certaine : Benstiti refuse de considérer que la mission est terminée. La demi-finale de ce mercredi face au Malawi, tombeur du Nigeria et du Ghana, offre aux Vertes l'opportunité d'une première finale continentale. Le technicien connaît le danger d'un adversaire qui ne cesse de déjouer les pronostics, et son discours reste fidèle à sa ligne : humilité, exigence et ambition.
Le jour où l'histoire du football féminin algérien sera racontée dans son ensemble, le nom de Farid Benstiti y occupera une place centrale. En attendant, le bâtisseur a encore deux matchs pour agrandir son œuvre.
Réactions (0)
Soyez le premier à réagir !





