Ce que le départ de Petkovic coûte vraiment à la FAF
Devant le Bureau fédéral, Walid Sadi a détaillé les coulisses de la séparation avec le sélectionneur : indemnités, primes, compensations du staff et confidences sur une rupture qu'il ne voulait pas.
On connaît désormais la facture. Devant les membres du Bureau fédéral, Walid Sadi a levé le voile sur les coulisses de la séparation avec Vladimir Petkovic, révélant les détails financiers d'un accord longtemps resté confidentiel. Selon El Khabar, l'ancien sélectionneur des Verts a accepté une indemnité de départ équivalente à trois mois de salaire, soit 480 000 euros, calculée sur la base des 160 000 euros mensuels de son nouveau contrat entré en vigueur le 1er août.
Une addition proche des 800 000 euros
Mais l'indemnité de départ ne constitue qu'une partie de la note. La FAF s'est également engagée à verser au technicien une prime de 150 000 euros pour la qualification au deuxième tour de la Coupe du monde. Le staff n'a pas été oublié : les trois adjoints, David Morandi, Paolo Rongoni et l'entraîneur des gardiens Guido Nani, percevront chacun trois mois de salaire, soit 54 000 euros par personne. Au total, la séparation coûtera près de 800 000 euros à la fédération.
Et soyons francs : au regard du point de départ des négociations, la FAF s'en sort plutôt bien. Petkovic, contractuellement protégé jusqu'en 2028 après sa prolongation signée juste avant le Mondial, réclamait initialement des sommes bien supérieures, certaines sources évoquant jusqu'à deux années de salaire et une menace de saisine de la FIFA. Descendre à trois mois relève d'une négociation plutôt bien menée, même si elle n'efface pas la question de fond : fallait-il prolonger le sélectionneur avant la Coupe du monde ?
Sadi ne voulait pas de ce divorce
L'autre révélation de cet exposé concerne les intentions du président. Selon ses propres confidences au Bureau fédéral, Sadi ne souhaitait pas mettre fin au contrat de Petkovic. Il penchait pour son maintien, moyennant un remaniement du staff technique, jugeant le parcours au Mondial globalement positif malgré le flot de critiques. Ce sont les discussions successives qui ont progressivement convaincu les deux parties qu'une séparation devenait préférable.
Sadi a également pointé les « dérapages graves » subis par Petkovic et des membres de sa famille sur les réseaux sociaux après l'élimination face à la Suisse, ainsi que des messages malveillants reçus par le technicien. Un climat hostile qui, selon le président, a directement pesé dans la décision du Suisso-Bosnien d'accepter un accord à l'amiable plutôt qu'une bataille juridique. Le patron de la FAF a enfin précisé que la rupture avait reçu le feu vert des plus hautes autorités du pays.
Un successeur moins payé
Une chose est certaine : la leçon financière a été retenue. Sans dévoiler l'identité du futur sélectionneur, Sadi a confirmé que son salaire mensuel serait inférieur à celui que percevait Petkovic dans son dernier contrat. Une orientation logique pour une fédération qui traîne encore la dette de l'indemnité Belmadi, plus de 630 000 euros toujours inscrits dans ses comptes, et qui s'est fixé le 20 août comme échéance pour boucler le dossier de la succession.
Le jour où le nouveau sélectionneur signera son contrat, le vrai bilan de cet épisode pourra être dressé. En attendant, une certitude demeure : dans le football algérien, les divorces coûtent toujours plus cher que les mariages.
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