Ce que l'exploit des Vertes va changer
Au lendemain de la qualification historique en demi-finale de CAN et pour le Mondial 2027, le football féminin algérien se réveille avec de nouvelles perspectives et de nouvelles responsabilités.
L'Algérie du football s'est réveillée ce dimanche avec un sentiment inédit. Au lendemain de la victoire renversante face à la Côte d'Ivoire (2-1) à Casablanca, les Vertes de Farid Benstiti savourent un double exploit que personne ne pourra leur retirer : une première demi-finale de CAN et une première qualification pour une Coupe du monde, celle de 2027 au Brésil. Mais au-delà de la fête, cette soirée historique ouvre une nouvelle ère, avec ses promesses et ses responsabilités.
Un signal envoyé à toute une génération
Le premier effet de cette qualification est symbolique, et il est immense. Pour des milliers de jeunes filles en Algérie comme dans la diaspora, à Paris, Bruxelles ou Montréal, le football féminin algérien vient de prouver qu'il pouvait exister au plus haut niveau continental et mondial. Voir les Vertes disputer une Coupe du monde, c'est offrir des modèles, des visages et des trajectoires auxquels s'identifier. Aucune campagne de communication ne remplacera jamais cela.
Le second effet est plus concret : une qualification mondiale s'accompagne de retombées financières de la FIFA, d'une exposition médiatique décuplée et d'une pression positive sur la fédération pour structurer davantage la discipline. Championnat national, détection, infrastructures, encadrement : tous ces chantiers prennent une autre dimension quand une Coupe du monde se profile à l'horizon.
Le travail de Benstiti récompensé
Et soyons francs : cette réussite porte la marque d'un homme. Depuis son arrivée, Farid Benstiti a méthodiquement fait progresser cette sélection, s'appuyant sur un socle défensif solide et sur l'apport de joueuses formées en Europe. Un quart de finale lors de l'édition précédente, une demi-finale aujourd'hui : la courbe est ascendante et régulière, loin des coups d'éclat sans lendemain. Le technicien a bâti une équipe qui sait souffrir, comme elle l'a montré en renversant une Côte d'Ivoire pourtant présentée comme la révélation du tournoi.
Reste maintenant à finir le travail sur cette CAN. Libérées de toute pression après avoir atteint leur double objectif, les Vertes aborderont leur demi-finale avec une liberté totale, face à un adversaire qui sera dans tous les cas d'un calibre supérieur. Une victoire enverrait l'Algérie dans une finale continentale que personne n'aurait osé imaginer il y a quelques années.
Ne pas gâcher l'élan
Une chose est certaine : le plus dur commence peut-être maintenant. L'histoire du sport algérien regorge d'exploits restés sans suite, faute d'avoir été accompagnés par des investissements structurels. Cette qualification mondiale est une chance historique de professionnaliser durablement le football féminin national. La saisir ou la laisser passer, voilà le vrai enjeu des dix-huit prochains mois.
Le jour où une petite fille d'Alger, d'Oran ou de Marseille dira qu'elle veut devenir footballeuse « comme les Vertes du Brésil », cette soirée de Casablanca aura tenu toutes ses promesses.
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