Tahrat règle ses comptes avec Petkovic
Tout juste retraité, l'ancien défenseur des Verts livre un jugement d'une rare sévérité sur le travail du Suisse et trace sa feuille de route pour le successeur. Sans filtre.
Les langues se délient à mesure que la page se tourne, et celle de Mehdi Tahrat ne s'embarrasse d'aucune diplomatie. Tout juste retraité des terrains, l'ancien défenseur international a livré un jugement particulièrement sévère sur Vladimir Petkovic et son travail à la tête de l'équipe d'Algérie, rapporte DZfoot. Après Benlamri, Mandi et les autres, c'est une voix de plus du vestiaire élargi des Verts qui s'exprime sur le cycle refermé, et son verdict s'ajoute au procès d'un mandat que l'élimination de Vancouver a définitivement condamné dans l'opinion.
Une parole qui pèse par son parcours
Le jugement de Tahrat mérite l'attention pour ce que l'homme représente. International sous plusieurs sélectionneurs, défenseur au parcours construit à la force du travail, de la Ligue 2 française aux Verts en passant par Lens et l'étranger, il a connu de l'intérieur les différentes écoles qui se sont succédé sur le banc algérien. Sa retraite toute fraîche libère une parole que les joueurs en activité s'interdisent, et sa réputation de professionnel mesuré rend sa sévérité d'autant plus marquante. Et soyons francs : quand les modérés se mettent à parler comme les ultras, c'est que le bilan ne laisse plus grand-chose à défendre.
Le conseil qui fera grincer des dents
Au-delà du réquisitoire, l'ancien Lensois trace une direction pour la suite, et elle a le mérite de la franchise : « Il faut regarder ce que fait le Maroc », conseille-t-il pour le prochain sélectionneur, selon Afrik-Foot. Une référence au voisin rival qui heurtera des oreilles algériennes, mais dont le fond mérite d'être entendu pour ce qu'il désigne vraiment : non pas un modèle à idolâtrer, mais une méthode, la continuité d'un projet, l'alignement entre les sélections et la formation, la stabilité institutionnelle. Autant de chantiers que nous documentons semaine après semaine. Une chose est certaine : le jour où l'Algérie n'aura plus besoin de regarder chez les autres, c'est qu'elle aura enfin construit chez elle.
L'autre casquette : le parrain des jeunes Lensois
Le hasard du calendrier offre à Tahrat un rôle plus doux : celui de guide officieux de la filière sang et or. Interrogé sur la signature de Yacine Titraoui au RC Lens, son ancien club, il a validé le choix sans réserve, estimant que « Lens, c'est ce qui se fait de mieux » pour le développement du milieu du Paradou. Un adoubement précieux pour le nouveau Lensois, qui trouvera à Bollaert un public exigeant mais fidèle, que l'ancien défenseur connaît intimement. Entre le procès du passé et le parrainage de l'avenir, le retraité s'installe déjà dans son rôle de consultant écouté.
Le procès continue, la reconstruction aussi
Ces sorties successives d'anciens dessinent en creux le cahier des charges du successeur de Petkovic : reconquérir un vestiaire élargi qui n'a plus confiance, imposer une méthode lisible, et réconcilier la sélection avec son écosystème. Le jour où les anciens des Verts défendront leur sélectionneur au lieu de l'enterrer, le nouveau cycle aura vraiment commencé. D'ici là, les langues continueront de se délier. Et on continuera de les écouter.
*Sources : DZfoot, Afrik-Foot*
Réactions (0)
Soyez le premier à réagir !





