Le futur sélectionneur hérite de conditions en or
Groupe de qualification clément, staff installé, vivier au sommet de sa valeur, infrastructures neuves : rarement un banc des Verts aura été aussi bien préparé. Démonstration.
On présente toujours le banc de l'Algérie comme un siège éjectable posé sur un volcan. Et si, pour une fois, c'était l'inverse ? Comme le souligne Compétition, le futur sélectionneur national ne pouvait espérer de meilleures conditions pour entamer son aventure à la tête des Verts. Derrière la formule, une réalité que l'accumulation des crises de l'été a masquée : l'homme que la FAF s'apprête à nommer héritera du contexte sportif le plus favorable qu'un sélectionneur algérien ait connu depuis une décennie. Démonstration en quatre points.
Un calendrier qui pardonne, une qualification à portée
Commençons par le terrain. Les éliminatoires de la CAN 2027 offrent un groupe I largement abordable, Zambie, Togo et Burundi, avec deux billets qualificatifs pour les deux premiers : de quoi lancer un cycle, tester des joueurs et construire une identité sans jouer sa survie à chaque fenêtre. Aucun match couperet avant longtemps, aucune grande compétition avant l'été 2027 : le luxe absolu du temps, denrée que ses prédécesseurs n'ont jamais eue. Et soyons francs : un sélectionneur qui échouerait à se qualifier dans ce groupe-là n'aurait aucune excuse à faire valoir.
Un effectif au sommet de sa valeur marchande et sportive
Deuxième héritage : le vivier. La génération Maza, Hadj Moussa, Belghali, Titraoui, Belaïd arrive à maturité simultanément, courtisée par Milan, la Premier League et toute la Serie A, pendant que la vague suivante, de Belazzoug à Chiakha, pousse déjà. Les retraites de Mahrez et Mandi, douloureuses sentimentalement, offrent paradoxalement au nouvel élu ce qu'aucun prédécesseur n'a eu : une page blanche sans gestion de monuments, sans hiérarchies héritées, sans susceptibilités de vestiaire à ménager. Une chose est certaine : jamais un sélectionneur des Verts n'aura eu autant de talent disponible et aussi peu de problèmes de préséance.
Une maison enfin structurée autour de lui
Troisième atout, le plus inédit : l'environnement. Antar Yahia, contrat signé, incarne l'ancrage national que tous les techniciens étrangers ont cherché en vain ; un directeur sportif doit compléter le lien avec la fédération ; les clauses de présence et de méthode, durcies par l'expérience Petkovic, cadrent le poste dès le départ. Ajoutons les infrastructures, de Sidi Moussa rénové aux stades neufs jusqu'à la pelouse hybride du 5-Juillet, et le décor n'a plus rien à envier aux standards des grandes sélections.
Le revers de la médaille : plus d'excuses
Reste l'évidence que ce tableau idyllique impose : les conditions en or créent des obligations en or. L'opinion, échaudée par un été de chaos, jugera vite ; les révélations ont épuisé le crédit des explications extra-sportives ; et le moindre faux pas face au Togo réveillera tous les procès. Le futur élu, dont le nom sortira des délibérations en cours à Sidi Moussa, saura en signant qu'il accepte le poste le mieux préparé et le plus exposé du continent. Le jour où il réussira, personne ne pourra dire qu'il a hérité d'une ruine. Le jour où il échouerait non plus. C'est exactement ce qui rend la suite passionnante.
*Sources : Compétition, DzChronique*
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