Zetchi : son procès reporté faute de climatisation
Détenu depuis novembre 2024, l'ex-président de la FAF a vu son procès repoussé à cause de la chaleur. Une scène qui en dit long sur le dossier.
Il y a des audiences qui résument un dossier mieux qu'un long réquisitoire. Celle de Kheireddine Zetchi, reportée pour une raison presque surréaliste, en fait partie. L'ancien patron du football algérien attendra encore.
Une audience renvoyée pour cause de chaleur
Le 21 juillet 2026, le procès de l'ex-président de la Fédération algérienne de football a été repoussé en raison de conditions de travail jugées impraticables : chaleur extrême et absence de climatisation dans la salle. C'est le deuxième renvoi depuis l'ouverture des débats en juin. La prochaine audience est fixée au 4 août 2026. Un climatiseur qui bloque une procédure d'État : la scène a de quoi laisser songeur.
Dix-neuf mois derrière les barreaux
Derrière l'anecdote, une réalité plus lourde. Zetchi est en détention provisoire depuis novembre 2024, soit plus de dix-neuf mois. Il est, à ce jour, l'ancien dirigeant de la FAF le plus longtemps maintenu en détention dans cette affaire. Toutes les demandes de mise en liberté ont été rejetées par le tribunal. Dix-neuf mois de détention, et un procès qui bute sur un climatiseur.
Ce qu'on lui reproche
La justice évoque des contrats jugés irréguliers durant sa présidence, entre 2017 et 2021, notamment autour de l'organisation du CHAN 2023 et de la CAN U17. Ses successeurs, Charaf-Eddine Amara et Djahid Zefizef, sont eux visés pour ne pas avoir résilié ces accords contestés. La défense, elle, rappelle que la FAF n'aurait perçu aucune subvention publique sous Zetchi et la décrit comme une association indépendante gérant ses propres fonds. De quoi interroger l'existence même d'un préjudice public. La présomption d'innocence demeure entière.
Le football algérien à l'épreuve de ses institutions
Au-delà du cas personnel, c'est toute une gouvernance qui se retrouve sur le banc. Pendant que les Verts préparent l'avenir, la maison mère du football national règle ses comptes devant les juges. La FAF change de présidents, les dossiers, eux, restent. Le football algérien juge ses dirigeants pendant que le terrain attend.
Rendez-vous le 4 août
L'affaire reprendra donc dans quelques jours, si les conditions matérielles le permettent enfin. Elle dira beaucoup, non seulement sur le sort d'un homme, mais sur la manière dont l'Algérie encadre l'argent et le pouvoir dans son football. Et soyons francs : un pays qui rêve de grandes compétitions ne peut pas indéfiniment repousser le ménage dans ses propres institutions.
Alors, dix-neuf mois de détention provisoire pour un ex-dirigeant : justice qui suit son cours ou lenteur qui interroge ?
*Source : DZfoot*
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