Petkovic sauvé, mais son staff menacé
L'avenir du sélectionneur ne semble plus réellement en danger, mais celui de son entourage technique reste incertain. La FAF prépare une continuité sous conditions.
Le feuilleton de l'été touche à son épilogue, et il se referme d'une manière que personne n'avait imaginée à Vancouver. Selon La Gazette du Fennec, l'avenir de Vladimir Petkovic à la tête de la sélection algérienne ne semble plus réellement menacé, dans la continuité de la recommandation de la commission technique et de la notification officielle de sa reconduction. Mais la continuité aura un prix, et ce ne serait pas le sélectionneur qui le paierait : c'est son entourage technique dont l'avenir apparaît désormais incertain.
La logique d'un remaniement ciblé
L'équation fédérale se lit sans peine. Impossible de justifier auprès du public un maintien intégral après un Mondial raté et un été de révélations ; impossible aussi de financer une résiliation à deux ans de salaire revalorisé. La voie médiane consiste donc à conserver l'homme et à retoucher son environnement : adjoints, préparation physique, analyse vidéo, tous les postes que le rapport de la campagne américaine a pu pointer. Et soyons francs : quand une institution ne peut pas se payer le départ du chef, ce sont toujours les lieutenants qui règlent l'addition.
Un renforcement qui peut avoir du sens
Au-delà du symbole, la retouche peut se défendre sur le fond. Les défaillances documentées de la campagne, de la préparation physique aux choix d'encadrement, relèvent en partie du périmètre du staff élargi. L'idée d'adjoints algériens de poids, défendue publiquement par Khaled Lounici sur le modèle Halilhodzic-Kourichi-Tasfaout, offrirait à la fois des compétences, une connaissance du vestiaire et des sentinelles patriotes que personne ne soupçonnera de complaisance. Si la FAF profite de ce remaniement pour installer cette ossature-là, la crise aura au moins produit une réforme utile. Une chose est certaine : un sélectionneur reconduit sous conditions a besoin d'un staff renforcé, pas d'un staff décimé.
Les pièges d'une continuité mal expliquée
Reste le risque évident : que ce remaniement serve de communication plutôt que de correction. Sacrifier deux adjoints pour calmer la rue sans toucher aux causes structurelles, l'encadrement fédéral, les ingérences, la préparation, reviendrait à repeindre la façade d'une maison fissurée. Les supporters, échaudés par un été de fuites et de silences, jugeront sur un seul critère : la clarté. Qui part, qui arrive, pour quelle mission, avec quels objectifs chiffrés d'ici la CAN 2027. Sans cette transparence, chaque contre-performance de septembre rouvrira le procès de tout le monde, staff neuf compris.
Deux mois pour tout installer
Le calendrier n'accorde aucun délai de grâce : la réception de la Zambie le 21 septembre lancera les éliminatoires, et un staff remanié devra avoir digéré sa prise de fonction, ses observations et sa première liste en quelques semaines. Le jour où la FAF annoncera l'organigramme complet de ce nouveau cycle, on saura si la continuité choisie est un projet ou un pis-aller. D'ici là, quelques techniciens passent un été à scruter leur téléphone. Le football, parfois, est un métier cruel aussi en costume.
*Source : La Gazette du Fennec*
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