Le trio de la dernière chance : présentation du nouveau staff
Brahim Hemdani sélectionneur, Antar Yahia adjoint, Moussa Saïb manager général : la FAF a confié les Verts à trois générations d'anciens internationaux. Portraits croisés des hommes du nouveau projet.
Ils totalisent à eux trois plus de 150 sélections, trois époques du football algérien et des vestiaires parmi les plus prestigieux d'Europe. En confiant les Verts au trio Hemdani – Yahia – Saïb, la FAF a fait le pari de la maison, de la légitimité du maillot et de la complémentarité des parcours. Présentation des trois hommes qui portent désormais les espoirs de tout un pays.
Hemdani, le patron discret
Le sélectionneur d'abord. À 48 ans, Brahim Hemdani arrive avec la crédibilité toute fraîche de l'or méditerranéen conquis à Tarente et un CV de joueur qui impose le respect : capitaine de l'Olympique de Marseille, finaliste de la Coupe UEFA 2004, puis cadre des Glasgow Rangers, champion d'Écosse et acteur de l'épopée européenne de 2008. Formé au métier dans l'ombre du National français à Marignane Gignac, titulaire de la rare licence UEFA Pro, l'homme cultive la sobriété comme une méthode : peu de mots, beaucoup de structure, et une science du collectif démontrée en dix jours à peine avec les U21. Son défi : prouver qu'un bâtisseur de l'ombre peut supporter la lumière la plus crue du sport algérien.
Yahia, l'âme et la flamme
À ses côtés, l'homme du but le plus important de l'histoire moderne des Verts. Antar Yahia, 44 ans, 53 sélections, restera éternellement le héros d'Omdurman, cette volée du 18 novembre 2009 qui envoya l'Algérie au Mondial sud-africain et fit chavirer un peuple entier. Formé à Sochaux, passé par l'Inter Milan dans sa jeunesse, l'ancien capitaine a préparé sa reconversion avec sérieux : directeur sportif à Orléans puis à l'USM Alger, formations diplômantes, expériences d'adjoint en France avant de prendre la réserve d'Angers. Son CV d'entraîneur reste mince, ses détracteurs le rappellent, mais son rôle dépasse la tactique : Yahia apporte l'aura, le caractère et cette connaissance intime des binationaux qui composent l'ossature de la sélection. L'âme du projet, c'est lui.
Saïb, la sagesse des années 90
Et soyons francs : la nomination la plus fine est peut-être la troisième. Moussa Saïb, 73 sélections et ancien capitaine des Verts, incarne une époque où le talent algérien s'exportait déjà au plus haut niveau : la JSK de ses débuts, l'AJ Auxerre des grandes années Guy Roux, Valence aux côtés de Romário et Mendieta, Tottenham enfin. En manager général, l'enfant de Kabylie jouera les traits d'union : entre le staff et la fédération, entre les générations, entre le vestiaire et son histoire. Son diagnostic sur le métier, livré récemment : un coach accepté par ses joueurs est déjà sauvé. Tout le projet de ce staff tient dans cette phrase.
Trois profils, un seul objectif
Une chose est certaine : ce trio coche les cases que le précédent cycle avait laissées vides, l'adhésion, la connaissance de la maison, la fibre patriotique. Il lui reste à cocher la seule qui compte : les résultats, dès la Zambie le 25 septembre et jusqu'à la CAN 2027, où les deux étoiles algériennes rappellent que les sacres de 1990 et 2019 portaient des signatures locales.
Le jour où ce staff soulèvera un trophée, on dira que tout était écrit dans la complémentarité de ces trois parcours. D'ici là, ils ont trois semaines pour transformer une belle histoire en équipe qui gagne. Bismillah.
Sources : FAF, TSA, Zoom Algérie, Goal, Compétition
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