La FAF cible trois jeunes défenseurs
Après le naufrage défensif du Mondial, la Fédération s'active pour attacher de jeunes talents à la sélection, dont Elias Benkara et Daylam Meddah. Un virage stratégique.
Dix buts encaissés en quatre matchs de Coupe du monde imposaient une réponse. Elle commence à prendre forme. Selon le quotidien Annasr, relayé par Fennec Football, la Fédération algérienne de football a décidé de prendre le dossier défensif à bras-le-corps en ciblant trois jeunes défenseurs à attacher au projet des Verts, parmi lesquels Elias Benkara et Daylam Meddah. Une démarche de scouting préventif qui tranche avec les habitudes de la maison, et qu'il faut saluer avant même d'en connaître les résultats.
La leçon du Mondial enfin entendue
Car le diagnostic ne souffre aucune contestation. L'arrière-garde algérienne a été le maillon faible de la campagne américaine : une charnière vieillissante exposée sur chaque transition, l'accélération de Manzambi sur l'ouverture du score suisse en résumé cruel, et derrière les titulaires, une profondeur de banc famélique. Le départ de Mandi vers Levante et l'âge des cadres rendent la transition inévitable ; autant la préparer plutôt que la subir. Et soyons francs : identifier les défenseurs de 2030 coûte moins cher que pleurer ceux de 2026.
Des profils formés aux meilleures écoles
Les noms cités racontent la méthode. Elias Benkara, défenseur central formé en France, avait récemment prolongé dans son club après avoir fait l'objet de vives convoitises, signe d'un statut qui monte. Daylam Meddah appartient à cette génération de binationaux passés par les sélections de jeunes françaises, exactement le vivier où se joue désormais la guerre des fédérations. En s'y prenant tôt, avant que les vitrines médiatiques ne s'allument, la FAF applique enfin la recette qui a fonctionné pour les Maza et Hadj Moussa, et dont l'absence a coûté tant de dossiers douloureux par le passé. Une chose est certaine : les défenses ne se recrutent pas en conférence de presse, elles se construisent dans les salons familiaux.
La cohérence, condition du succès
Reste à transformer les approches en engagements, et c'est là que le contexte inquiète. Convaincre un jeune défenseur de lier son avenir aux Verts exige un projet lisible : or le banc de la sélection sort à peine de son feuilleton, la crise institutionnelle a occupé l'été, et le traitement réservé à certains jeunes du Mondial, spectateurs pendant que des cadres en difficulté enchaînaient, constitue un contre-argument que les recruteurs concurrents ne manqueront pas d'utiliser. La nomination de Brahim Hemdani chez les U20, profil idéal pour parler à cette génération, va dans le bon sens. Le reste doit suivre.
Un test de sérieux plus qu'un coup de communication
Ce chantier défensif dira si la FAF a compris la leçon de son été. S'il aboutit à des convocations réfléchies, intégrées à un projet de jeu cohérent avec les sélections de jeunes, il marquera le vrai début de la reconstruction. S'il se limite à trois noms jetés dans la presse pour occuper le terrain médiatique, il rejoindra la liste des annonces sans lendemain. Le jour où la charnière des Verts alignera deux défenseurs identifiés cinq ans plus tôt par sa propre fédération, l'Algérie aura changé de méthode. Benkara et Meddah, eux, observent. À la FAF de mériter leur oui.
*Sources : Annasr, Fennec Football*
Réactions (0)
Soyez le premier à réagir !





