Artan privé de Mondial mais choisi pour la Supercoupe d'Europe
L'arbitre somalien, écarté des pelouses de la Coupe du monde, dirigera la Supercoupe d'Europe. Un nouveau paradoxe qui interroge les hiérarchies de l'arbitrage.
L'arbitrage africain n'en finit plus de produire des paradoxes. Selon Footalgérien, l'arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, privé de Coupe du monde 2026, a été désigné pour diriger la prochaine Supercoupe d'Europe. Un honneur considérable, rarissime pour un officiel du continent, qui tombe quelques semaines après une frustration mondiale. L'homme que la plus grande compétition du monde n'a pas fait siffler se voit confier l'une des affiches les plus prestigieuses du calendrier européen. Cherchez la logique.
Un parcours qui force déjà le respect
Rappelons qui est Artan. Figurer parmi les arbitres internationaux de premier plan quand on vient de Somalie, pays sans championnat professionnel structuré ni tradition arbitrale établie, relève déjà de l'exploit individuel. Le Somalien s'est hissé dans l'élite continentale à force de désignations réussies dans les compétitions CAF, jusqu'à intégrer la liste des sept arbitres centraux africains retenus dans le groupe du Mondial 2026. C'est la suite qui a déraillé : le tournoi s'est refermé sans qu'il dirige de rencontre, une mise à l'écart de fait dont les raisons n'ont jamais été communiquées publiquement. Et soyons francs : convoquer un arbitre au Mondial pour ne pas le faire siffler, c'est une réponse qui pose plus de questions qu'elle n'en règle.
L'UEFA, un adoubement qui ne doit rien au hasard
La désignation pour la Supercoupe d'Europe change la lecture du dossier. L'instance européenne, la plus exigeante du monde en matière d'arbitrage, n'offre pas ses affiches de gala par charité : ce choix s'inscrit dans les programmes d'échanges entre confédérations et récompense un profil jugé au niveau. Pour Artan, c'est une réhabilitation éclatante ; pour l'Afrique, une fierté, dans la lignée des honneurs accumulés par les sifflets du continent cette année, records de représentation au Mondial compris. Une chose est certaine : quand l'Europe valide ce que le Mondial a laissé sur le banc, quelqu'un s'est trompé quelque part.
Une pièce de plus dans un dossier que nous documentons
Car ce cas s'ajoute à une série troublante que nous décrivions récemment : Jean-Jacques Ndala, arbitre de la finale de la CAN validé par la CAF, recalé du Mondial par la FIFA ; Pierre Atcho, VAR le plus contesté du tournoi continental, récompensé par une demi-finale puis retenu pour l'Amérique ; et maintenant Artan, sélectionné puis privé de sifflet, avant d'être adoubé par l'UEFA. Trois instances, trois hiérarchies, trois vérités incompatibles sur les mêmes hommes. Le talent individuel des arbitres africains n'est plus à démontrer. C'est la cohérence de ceux qui les évaluent qui devient le vrai sujet.
Ce que la CAF devrait retenir de l'été des arbitres
Entre les records de représentation et les incohérences de traitement, l'arbitrage africain vit un paradoxe fondateur : jamais reconnu aussi haut, jamais géré aussi mal. Publication des critères de désignation, comptes rendus d'évaluation, protection des officiels contestés à tort : les réformes tiennent en trois lignes et attendent depuis des années. Le jour où un arbitre africain saura pourquoi il est retenu ou écarté, les supporters cesseront d'imaginer le pire. D'ici là, souhaitons à Artan une Supercoupe parfaite. Sa meilleure réponse sera sur la pelouse.
*Source : Footalgérien*
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