Combien le Mondial a rapporté aux sélections africaines
De la Tunisie au Maroc, les dix fédérations africaines se partagent 153,5 millions de dollars de primes FIFA. Le détail des chiffres, et la vraie question : où ira l'argent ?
Le Mondial des Africains s'est terminé sur les pelouses il y a une semaine ; il se prolonge désormais dans les livres de comptes. Grâce au nouveau système de répartition mis en place par la FIFA pour cette édition à 48 équipes, dotée d'une enveloppe globale record, les dix sélections du continent se partagent 153,5 millions de dollars. Un pactole historique, distribué selon une règle simple : plus on avance, plus on encaisse. Voici les chiffres, et surtout ce qu'ils devraient déclencher.
Le barème complet, du Maroc à la Tunisie
Au sommet du classement continental, le Maroc, seul quart-de-finaliste, empoche 31,5 millions de dollars selon Afrik-Foot et Africa Top Sports, récompense d'un parcours qui fait des Lions de l'Atlas la première nation africaine à atteindre deux fois consécutivement ce niveau. L'Égypte, huitième-de-finaliste, suit avec 17,5 millions. Viennent ensuite les sept éliminés des seizièmes de finale, logés à la même enseigne avec 13,5 millions chacun : l'Algérie, le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Ghana, la RD Congo, le Cap-Vert et l'Afrique du Sud. La Tunisie, seule sortie dès les poules, se contente de 10,5 millions, dont l'essentiel au titre de la participation. Chaque équipe a par ailleurs bénéficié d'une aide à la préparation de 2,5 millions. Pour situer les sommets, le futur champion du monde touchera dimanche 50 millions, le finaliste 33.
Ce que 13,5 millions représentent pour la FAF
Pour l'Algérie, cette enveloppe tombe dans un contexte que personne n'ignore : une fédération au déficit documenté, des dettes révélées par la presse, des primes contestées jusque chez les Vertes, et un divorce avec Petkovic qui coûtera cher. Les 13,5 millions de dollars du Mondial représentent une bouffée d'oxygène considérable à l'échelle du football national, l'équivalent de plusieurs années de budget de fonctionnement de clubs entiers. Et soyons francs : cet argent gagné par les joueurs sur le terrain ne doit pas finir en frais de contentieux et en indemnités de licenciement.
La vraie question n'est pas combien, mais pour quoi
L'histoire des primes de Coupe du monde en Afrique enseigne la prudence : combien de ces enveloppes se sont évaporées en dépenses de prestige, en conflits de gouvernance ou en trous comptables jamais expliqués ? La presse tunisienne le rappelait cette semaine avec justesse : ces dotations sont un levier, capable de financer des centres de formation, des académies, des infrastructures pour le football féminin et les jeunes. Le Maroc a bâti sa domination continentale précisément en réinvestissant méthodiquement chaque retombée dans son écosystème. Une chose est certaine : 13,5 millions bien investis valent un cycle entier de développement, 13,5 millions dilapidés valent un communiqué de plus.
Un test de transparence grandeur nature
Voilà pourquoi ces chiffres, publics et vérifiables, sont une chance pour les supporters : chacun peut désormais demander des comptes. Où iront les millions du Mondial algérien ? Vers la formation que nos clubs négligent, vers les primes que les Vertes attendent, vers les infrastructures des jeunes ? Le jour où la FAF publiera l'affectation détaillée de cette enveloppe, elle fera plus pour sa crédibilité que tous les rapports confidentiels de ses commissions. L'argent du Mondial appartient au football algérien. À lui de le prouver.
*Sources : Afrik-Foot, Africa Top Sports, La Presse de Tunisie*
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