CAN 2028 : quatre pays déposent une candidature commune
L'Afrique australe, emmenée par l'Afrique du Sud et le Botswana, s'unit pour accueillir le tournoi. Une offensive collective qui rétrécit encore la fenêtre algérienne.
La course à la CAN 2028 vient de changer de dimension. Selon Fennec Football, quatre pays d'Afrique australe, emmenés par l'Afrique du Sud et le Botswana, ont déposé une candidature commune pour organiser le tournoi continental. Une offensive groupée qui s'ajoute à l'intérêt déjà déclaré de l'Égypte, et qui transforme ce qui ressemblait à une course en peloton fourni. Pendant ce temps, du côté d'Alger, le silence reste la seule réponse officielle.
La co-organisation, nouvelle norme du football mondial
Cette candidature collective épouse l'air du temps. Le Mondial 2026 vient de se jouer sur trois pays, celui de 2030 s'étalera sur trois continents, et la CAN 2027 a été attribuée au trio Kenya-Ouganda-Tanzanie. Mutualiser les stades, les aéroports et les coûts permet à des nations moyennes de porter ensemble ce qu'aucune ne pourrait assumer seule. L'Afrique du Sud apporte ses infrastructures héritées du Mondial 2010, les meilleures du continent, ses voisins complètent la carte. Et soyons francs : face à un dossier pareil, les candidatures solitaires devront présenter des arguments en béton armé.
Un rapport de force qui se dessine déjà
La CAF se retrouve donc avec un choix structurant. D'un côté, l'expérience égyptienne, organisatrice au pied levé en 2019, dossier rodé et infrastructures éprouvées. De l'autre, la promesse australe d'une CAN à plusieurs, politiquement séduisante pour une confédération qui aime récompenser les régions patientes, l'Afrique australe n'ayant plus accueilli le tournoi depuis l'Afrique du Sud 2013. Les équilibres géopolitiques de la CAF, où chaque zone compte ses voix, pèseront autant que les cahiers des charges. Une chose est certaine : les CAN ne s'attribuent pas qu'aux stades, elles s'attribuent aux alliances.
L'absence algérienne devient un choix par défaut
Nous posions la question il y a quelques jours : qu'attend l'Algérie pour candidater ? Chaque semaine qui passe y répond un peu plus cruellement. Avec ses enceintes neuves de Baraki, Oran, Tizi-Ouzou et Constantine, le pays possède l'outil ; avec sa génération Maza-Hadj Moussa qui atteindra son sommet en 2028, il possède l'argument sportif ; avec sa crise fédérale, ses commissions, ses divorces et ses démissions en série, il ne possède pas le porteur de projet. Pendant que Le Caire prépare ses dossiers et que Johannesburg fédère ses voisins, Alger gère ses incendies. L'histoire retiendra que les stades algériens étaient prêts, et que personne n'a levé la main.
Il reste une carte à jouer, à une condition
Rien n'est officiellement perdu tant que la CAF n'a pas tranché, et l'Algérie a déjà prouvé, avec un CHAN 2022 salué, sa capacité d'organisation. Une candidature tardive mais solide, éventuellement partagée avec la Tunisie voisine sur le modèle désormais dominant, garderait toutes ses chances face aux jurys. Encore faut-il une fédération en état de la porter, ce qui ramène, comme toujours cet été, au même préalable : la sortie de crise institutionnelle. Le jour où la FAF cessera de subir l'actualité, elle pourra recommencer à écrire le futur. Les autres, eux, n'attendent pas.
*Sources : Fennec Football, CAF*
Réactions (0)
Soyez le premier à réagir !





