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MONDIAL 2026

Algérie 2-1 Jordanie : les notes des Verts joueur par joueur

Bensebaïni au combat, Maza créatif, Benbouali décisif, Hadjam impressionnant et Zerrouki sanctionné : DzChronique livre ses notes après une victoire arrachée.

Mohamed Filali· Rédacteur en chef··12 min·👁 7766657 vues
Algérie 2-1 Jordanie : les notes des Verts joueur par joueur

La victoire est dans la poche, mais le contenu mérite une analyse sans complaisance. Au lendemain du succès 2-1 face à la Jordanie au San Francisco Bay Area Stadium, DzChronique livre ses notes complètes pour chacun des joueurs alignés par Vladimir Petkovic. Une rencontre où les nuances ont compté autant que les buts. Entre une première mi-temps poussive marquée par une faute défensive coupable de Ramiz Zerrouki et une seconde période plus ambitieuse portée par les entrants, les Verts ont laissé apparaître autant de motifs de satisfaction que de zones d'ombre. Et soyons francs : si les trois points permettent de relancer l'aventure américaine, le visage collectif reste très perfectible avant le match couperet face à l'Autriche dimanche prochain.

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Quelle est la meilleure note de ce match ?
Hadjam 7,5, la fraîcheur qui sauve un côté gauche brouillon
Maza 7, la créativité qui anime tout le milieu algérien
Benbouali 7, l'attaquant qui débloque les Verts au bon moment
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Voici les notes complètes du onze de départ, des entrants et du sélectionneur. Critiques argumentées et appréciations équilibrées pour mesurer ce que chacun a véritablement apporté ce soir-là.

Luca Zidane — 5,5

Le gardien algérien a globalement été peu sollicité au cours de cette rencontre. Quelques interventions de routine lui ont permis de rassurer son arrière-garde, sans démontrer la sérénité d'un portier de Coupe du Monde sur la durée. Sur le but jordanien, il ne peut être tenu pour responsable, mais sa main aurait pu se montrer un peu plus ferme au moment de la reprise. Une prestation honnête qui ne dissipe pas pour autant tous les doutes installés depuis le match face à l'Argentine.

Rafik Belghali — 5

Le latéral droit a longtemps semblé perdu dans cette rencontre. Pendant toute la première mi-temps, son apport offensif s'est révélé quasi inexistant, et ses positionnements défensifs manquaient de repères clairs. Heureusement, le natif d'Annecy a su élever son niveau dans le dernier quart d'heure, en se trouvant nettement mieux avec Anis Hadj Moussa après son entrée en jeu. Une connexion sur l'aile droite qui a permis aux Verts de gagner en danger offensif. Sans cette montée en puissance tardive, la note aurait été bien plus sévère.

Aïssa Mandi — 5

Le défenseur central algérien a livré une prestation en demi-teinte. Au niveau strictement défensif, il n'a pas été pris à défaut sur de grandes occasions, mais il n'a pas non plus rassuré sa charnière par sa lecture du jeu ou son commandement. Le vrai reproche concerne sa relance, particulièrement lente et appliquée, qui a très souvent ralenti le tempo de l'équipe. Dans un match où les Verts avaient besoin d'enchaîner rapidement les transitions pour bousculer une Jordanie regroupée, ce manque de vitesse dans la première passe a compliqué la construction. Le capitaine de Lille doit retrouver de la vivacité technique avant d'affronter l'Autriche dimanche.

Ramy Bensebaïni — 7

Voilà la satisfaction défensive de la soirée. Le défenseur de Dortmund a livré ce qu'on attend d'un cadre des Verts. De la hargne dans les duels, de la présence dans les zones chaudes, un engagement constant qui a tranché avec l'apathie générale de la première mi-temps. Contrairement à sa prestation contestée face à l'Argentine, le natif de Constantine est arrivé concentré, lucide et déterminé. Certes, l'adversaire jordanien n'avait pas la même puissance offensive que l'Albiceleste, mais le combat individuel n'attend pas le calibre de l'adversaire. Bensebaïni a montré que sa fraîcheur retrouvée pouvait constituer un atout précieux pour la suite du tournoi.

Rayan Aït-Nouri — 5

Le latéral gauche a livré une copie franchement brouillonne. Trop souvent en difficulté dans ses prises de décision, il n'a jamais réussi à imposer la dynamique offensive qu'on attend d'un joueur de son calibre. Ses combinaisons avec ses partenaires de couloir ont manqué de précision et de fluidité, et son apport dans le dernier tiers a été beaucoup trop limité pour un joueur évoluant à Manchester City. À ce niveau de carrière et avec un tel club au quotidien, on est en droit d'attendre davantage de leadership technique et d'inspiration. Aït-Nouri devra impérativement élever son niveau face à l'Autriche, où chaque transmission comptera.

Ramiz Zerrouki — 3,5

La déception majeure de cette première mi-temps. Aligné d'entrée au milieu de terrain, le joueur du FC Twente n'a pas pesé sur la rencontre comme on l'espérait. Quelques apports honnêtes en phase de construction, mais rien qui justifie un tel statut de titulaire à ce niveau. Le vrai problème reste sa responsabilité directe sur le but jordanien. À l'origine de l'action, Zerrouki commet une relance hasardeuse dans l'axe qui offre le ballon à un adversaire dans une zone interdite. Une faute professionnelle grave à ce niveau de compétition. Vladimir Petkovic en a logiquement tiré les conséquences en le remplaçant dès la mi-temps. Le réveil sera difficile pour le natif d'Enschede.

Hicham Boudaoui — 5,5

Le milieu de Nice a livré une copie sans relief particulier. Le natif de Béchar a joué juste sans prendre de risques inutiles, ce qui lui permet d'éviter les fautes graves, mais il n'a jamais apporté la créativité offensive qu'on attend d'un joueur de son profil. Quelques relances propres, des duels honnêtement disputés, mais aucune fulgurance pour débloquer le jeu algérien dans les moments difficiles. Une prestation correcte sans plus, à l'image de son influence limitée sur le déroulement du match avant sa sortie pour laisser place à Nadhir Benbouali.

Ibrahim Maza — 7

Le diamant brut de Leverkusen confirme rassemblement après rassemblement qu'il est en train de devenir un cadre des Verts. Encore une fois face à la Jordanie, le natif de Berlin a été le seul à apporter de la véritable créativité dans le milieu de terrain algérien. Sa qualité technique, sa lecture du jeu et son volume de course ont éclairé toutes les phases offensives intéressantes. Un petit reproche cependant : il a parfois trop joué en une touche avec Amine Gouiri, sans que ce dernier ne réussisse à exploiter ces déviations comme il aurait fallu. Quelques occasions personnelles auraient mérité une concrétisation. À 20 ans, Maza s'impose comme la lumière la plus stable des Verts dans ce Mondial. Une chose est certaine : il est désormais intransférable du onze de Petkovic.

Riyad Mahrez — 5

Que dire du capitaine algérien ? Le natif de Sarcelles a eu deux très belles occasions au cours de la rencontre, deux situations qu'un Mahrez en pleine possession de ses moyens n'aurait probablement pas manquées. Quelques contrôles approximatifs ont aussi trahi un manque de précision inhabituel chez un joueur de sa qualité technique. Globalement, on l'attendait décisif, il n'a pas répondu présent dans la finition. À mettre tout de même à son crédit, une passe précieuse à l'origine du but égalisateur de Nadhir Benbouali en seconde période, sur le corner qui a tout changé. Une copie en demi-teinte qui pose une vraie question avant le rendez-vous décisif face à l'Autriche. Le capitaine peut-il encore peser sur 90 minutes à 35 ans ?

Farès Chaïbi — 5

On attendait davantage du milieu offensif de l'Eintracht Francfort, qui avait pourtant figuré parmi les rares satisfactions face à l'Argentine. Cette fois, le natif de Toulouse n'a pas totalement répondu présent alors que la rencontre était à sa hauteur. Pas assez présent dans le jeu, un peu en retrait dans ses choix techniques, il n'a pas réussi à imposer sa qualité de passe ou ses fulgurances habituelles. À mettre tout de même au crédit de sa prestation, une belle frappe sur coup franc qui aurait pu changer la physionomie du match. Avec un peu plus d'audace dans les trente derniers mètres, sa copie aurait pu basculer dans une autre catégorie.

Amine Gouiri — 5

L'attaquant marseillais a sauvé sa soirée en inscrivant le but de la victoire à la 82e minute, sur un corner. Une intervention décisive qui mérite d'être saluée et qui restera l'image forte de cette rencontre. Mais derrière cette réalisation salvatrice, sa prestation globale est restée assez emprunté. Pas suffisamment en mouvement, peu d'efforts pour gêner la relance jordanienne, et surtout un pressing inexistant qui a pesé sur l'équilibre collectif des Verts. Quand un avant-centre ne joue pas son rôle de premier rideau défensif, c'est tout le bloc qui doit compenser. Gouiri sera précieux dimanche s'il parvient à allier ses qualités de finisseur à un véritable engagement sans ballon.

Les entrants

Nabil Bentaleb (entré à la mi-temps) — 6,5

Entré à la pause à la place de Ramiz Zerrouki, le milieu de Lille a livré une prestation plutôt correcte qui correspondait au profil du match. La Jordanie ayant choisi de défendre son but d'avance après la mi-temps, le natif de Lille a évolué dans un espace qui lui était favorable, sans pression excessive sur la construction. Il a apporté un peu plus de calme et de précision au milieu, sans pour autant transformer la rencontre par une action décisive. Une copie honnête qui mérite d'être saluée à la mesure de l'adversité, même si elle ne valide pas pour autant un retour en grâce définitif dans la hiérarchie.

Nadhir Benbouali (entré en seconde mi-temps) — 7

L'attaquant du Győri ETO a apporté ce qui manquait à l'équipe depuis le coup d'envoi : un point d'ancrage dans la surface et un pressing utile sur les défenseurs jordaniens. À la 69e minute, sur un corner, le natif d'Alger a trouvé le bon timing et la bonne trajectoire pour placer une tête victorieuse qui a relancé son équipe. Une intervention précieuse au moment où les Verts en avaient le plus besoin. Son volume d'efforts mérite également d'être souligné. Reste qu'il évolue à Győr, en Hongrie, et qu'il faudra confirmer cette efficacité sur la durée et face à des défenses plus solides. Une copie utile, sans plus, mais largement suffisante au regard du contexte.

Anis Hadj Moussa (entré pour les vingt dernières minutes) — 6,5

L'ailier de Feyenoord a apporté un souffle nouveau sur le couloir droit dès son entrée en jeu. Volontaire, percutant et bien plus juste techniquement qu'il ne l'avait été face à l'Argentine, le natif de Wattrelos a notamment réussi à mieux se connecter avec Rafik Belghali pour fluidifier le côté droit de l'attaque algérienne. Plusieurs prises de profondeur intéressantes et un centre devant trouver la tête de Ramy Bensebaïni, malheureusement contré, viennent saluer cette montée en puissance tardive. Une entrée utile qui pose une vraie question avant le rendez-vous face à l'Autriche : Hadj Moussa mérite-t-il finalement de retrouver le onze de départ dimanche ?

Jaouen Hadjam (entré à la place d'Aït-Nouri) — 7,5

Belle entrée du latéral des Young Boys de Berne. Sur son temps de jeu, le natif d'Argenteuil a apporté ce qu'on espérait depuis le coup d'envoi : de la rigueur défensive, de la fraîcheur sur le couloir gauche et une vraie maîtrise dans ses interventions. Hadjam n'a pas paru pris de vitesse, ses transmissions ont été nettes et son positionnement appliqué. Une copie qui tranche avec le visage brouillon affiché plus tôt par Rayan Aït-Nouri à ce même poste. À 22 ans, le latéral suisse pose une vraie question pour le rendez-vous face à l'Autriche dimanche. Le débat sur la titularisation est désormais ouvert.

Zineddine Belaïd (entré en fin de match) — non noté

Entré dans les derniers instants à la place d'Amine Gouiri, le défenseur de Genk a disposé d'un temps de jeu trop faible pour être évalué avec justesse. À mentionner toutefois sa passe précieuse de la tête sur la frappe d'Ibrahim Maza, qui a frôlé le troisième but. Une présence brève mais qui n'a pas démérité.

Vladimir Petkovic — 5

Le sélectionneur algérien repart de San Francisco avec trois points et c'est l'essentiel à ce stade du tournoi. Mais derrière ce résultat, la copie du coach reste largement perfectible. Vladimir Petkovic a tardé à lire le jeu jordanien, qui s'est rapidement replié pour défendre son but d'avance. Là où il fallait apporter de la vivacité offensive dès la pause, le technicien franco-bosnien a manqué de réactivité dans ses choix. La piste Yacine Titraoui, par exemple, aurait pu apporter cette fraîcheur et cette percussion qui ont si cruellement manqué à la sélection avant l'égalisation. Le sélectionneur a tout de même eu le mérite de procéder au changement décisif en sortant Ramiz Zerrouki à la mi-temps. Mais à ce niveau de compétition, on attend du staff qu'il anticipe au lieu de réagir. Le rendez-vous face à l'Autriche dimanche sera celui de la vérité.

Et maintenant ?

Les notes parlent d'elles-mêmes. La seule moyenne supérieure à 7 est celle de Jaouen Hadjam, qui n'a joué que vingt minutes. Bensebaïni, Maza et Benbouali tirent leur épingle du jeu, mais huit joueurs sur quatorze évoluent à 5,5 ou en-dessous. Le constat reste sévère malgré la victoire. La vitesse d'un Mohamed Amoura aurait probablement été précieuse pour bousculer cette défense jordanienne regroupée, mais le sociétaire de Wolfsburg est resté à l'infirmerie. Vladimir Petkovic dispose désormais de cinq jours pour rebrasser ses cartes avant le rendez-vous décisif face à l'Autriche dimanche au Kansas City Stadium. Pour la diaspora algérienne, en France comme partout dans le monde, le message est clair : la victoire arrachée face à la Jordanie ne fait pas oublier les inquiétudes structurelles. C'est l'Autriche qui dira si ce Mondial 2026 algérien sera un échec ou le début d'une renaissance.

*Source : DzChronique, analyse*

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