Algérie 0-3 Argentine : les notes sans concession des Verts
Luca Zidane catastrophique, Mandi héroïque dans la défaite, Bentaleb invisible : DzChronique livre ses notes joueur par joueur après le naufrage face à l'Argentine.
Le score était sans appel, mais les responsabilités individuelles méritent d'être détaillées. Au lendemain du naufrage 3-0 face à l'Argentine, DzChronique livre ses notes complètes pour chaque joueur algérien aligné par Vladimir Petkovic dans son 4-2-3-1 surprenant. Pas de complaisance, mais pas non plus d'acharnement gratuit. Une analyse à froid, fondée sur les faits et le rendement réel de chacun. Et soyons francs : entre Luca Zidane catastrophique, un Bentaleb fantôme et un Hadj Moussa transparent, les choix de Petkovic ressortent encore plus durs à digérer.
Voici les notes complètes du 11 de départ et des remplaçants entrés en jeu. Critiques argumentées, et appréciations équilibrées quand elles le méritent.
Luca Zidane — 2/10
Match horrible. Sollicité dès l'entame avec une parade qui pouvait rassurer, le gardien algérien s'est ensuite complètement troué sur la première frappe de Messi à la 17e minute. Une frappe puissante mais pas inarrêtable, qu'un gardien de Coupe du Monde doit absolument capter ou détourner. Sur le deuxième but, c'est lui qui repousse mal la frappe de Mac Allister, offrant le ballon à Messi en position favorable. Il ne peut rien sur le troisième but, mais c'est trop tard, le mal est fait. Sous les yeux de son père Zinedine présent en tribunes, le natif de Marseille a livré sa plus mauvaise prestation depuis qu'il porte le maillot vert. À méditer.
Rafik Belghali — 3,5/10
Face à la maîtrise argentine, le latéral droit a souvent été dépassé et a manqué de tranchant. Volontaire, il a avalé les kilomètres sur son côté et a cherché à apporter des solutions à Hadj Moussa, sans succès. Trop bousculé par Facundo Medina, il a perdu un nombre incalculable de ballons qui viennent ternir clairement son bilan. Le débat sur sa titularisation se pose désormais sérieusement.
Aïssa Mandi — 4/10
Le défenseur central a fait quelques bonnes interventions dans les duels et a montré du leadership défensif quand la situation imposait des tacles dans l’urgence. Mais sur le but qui change la rencontre, le natif de Reims commet une erreur de jugement majeure. Face à Lionel Messi qui avance balle au pied, Mandi recule au lieu d’aller au contact, ouvrant ainsi l’espace nécessaire à la frappe puissante du numéro 10 argentin. Une erreur de positionnement basique pour un défenseur de son expérience, surtout face à un joueur dont chacun sait qu’il faut le couper dans son élan. À cela s’ajoute la semelle subie de Messi à la 32e minute, qu’il a digérée avec dignité. Mais la note doit refléter l’erreur fatale, pas seulement le combat. Le capitaine algérien sort de cette rencontre fragilisé, lui qui devait être un repère.
Ramy Bensebaïni — 4/10
La titularisation surprise qui a mal tourné. Bensebaïni revenait de blessure, n'avait pas joué un seul amical et son aptitude réelle posait question. Le défenseur de Dortmund a confirmé qu'il manquait cruellement de rythme. Dépassé sur plusieurs séquences, fragile dans les duels, il n'a pas pu être le patron défensif que Petkovic attendait. Ce choix de l'aligner reste l'une des décisions les plus contestables du sélectionneur. Une chose est certaine : il fallait laisser ce poste à Zineddine Belaïd.
Rayan Aït-Nouri — 5/10
La rare lueur d'engagement collectif. Le latéral de Manchester City a tenté d'apporter sa vitesse comme à son habitude, avec quelques chevauchées intéressantes. Défensivement, il a souffert face à Almada et Mac Allister, mais sans craquer totalement. Son investissement physique mérite d'être salué, dans une équipe où beaucoup ont déserté mentalement.
Hicham Boudaoui — 4/10
Le retour de blessure était prématuré, c'est désormais une certitude. Le milieu de Nice n'a jamais réussi à imposer son volume habituel. Pas de récupération décisive, pas de transition propre, et trop souvent en retard sur la mobilité argentine. Petkovic l'a sorti à la 64e minute, ce qui sonne comme un aveu. Le natif de Béchar a payé le prix de son manque de rythme en compétition.
Nabil Bentaleb — 3/10
Match indigne du maillot. Loin de son niveau de fin de saison à Lille, le milieu algérien a incarné les difficultés des Fennecs dans l'entrejeu. Il n'est pas parvenu à gérer la mobilité de Messi entre les lignes. Aucune complémentarité avec Boudaoui. Aucune capacité à orienter le jeu. Aucune rigueur défensive. Sorti tardivement à la 81e minute par Adel Boulbina, alors qu'il aurait dû quitter le terrain bien plus tôt. Bentaleb s'éloigne dangereusement du statut de cadre.
Anis Hadj Moussa — 4/10
Préféré à Mahrez, ce qui était une surprise discutable, l'ailier de Feyenoord est complètement passé à côté de son match. Pas de danger créé, trop peu incisif, mal connecté avec ses partenaires. Medina a passé une soirée tranquille face à un Hadj Moussa transparent. Pour celui qui avait illuminé la fin du match face aux Pays-Bas et la rencontre face à la Bolivie, c'est une grande déception. La pression du Mondial a-t-elle eu raison de sa confiance ? Réponse samedi face à la Jordanie.
Ibrahim Maza — 5,5/10
La relative bonne surprise. Le diamant brut de Leverkusen a livré une première mi-temps intéressante, avec une mobilité constante, des prises de balle propres et une qualité technique illustrée notamment sur le but refusé de Chaïbi pour hors-jeu. Plus effacé en seconde période, comme tout le groupe. Mais le natif de Berlin sort avec les honneurs et reste l'un des rares à pouvoir bomber le torse après ce naufrage collectif. À titulariser sans hésitation face à la Jordanie.
Farès Chaïbi — 5/10
Préféré à Amoura, le milieu offensif de l'Eintracht Francfort a livré une copie correcte sans plus. Un but refusé pour un hors-jeu très limite, quelques prises de balle propres, mais peu d'impact réel sur le déroulement du match. On l'a vu volontaire mais isolé dans un schéma collectif défaillant. Pas son meilleur match en sélection.
Amine Gouiri — 4/10
La pointe inoffensive d'une attaque éteinte. L'attaquant de l'OM n'a jamais réussi à peser sur la défense centrale argentine de Romero et Lisandro Martínez. Pas de pressing, pas de duel aérien gagné, pas la moindre frappe inquiétante. Sa qualité technique reconnue n'a jamais été mise en valeur dans le jeu collectif. Et surtout, il a laissé Romero et Otamendi relancer sans la moindre pression. Une copie blanche pour celui que beaucoup voient désormais sur le banc face à la Jordanie.
Les entrants de la 64e minute
**Riyad Mahrez — 5/10** : Entré sous les acclamations, le capitaine a montré quelques fulgurances techniques. Mais 26 minutes, ce n'est pas assez pour inverser un cours déjà joué. Sa frappe contrée reste la meilleure occasion algérienne du match. Aurait dû débuter à la place de Hadj Moussa : l'évidence saute aux yeux.
**Mohamed Amoura — 5/10** : Quelques courses dans la profondeur sans aboutir. L'attaquant de Wolfsburg a tenté d'apporter du danger en relais de Gouiri puis seul en pointe, mais le match était déjà classé. Sa précipitation devant le but reste préoccupante.
**Houssem Aouar — 4,5/10** : Petite contribution au milieu, sans rien apporter de décisif. L'ancien Lyonnais semble loin de son meilleur niveau, ce qui ne surprend personne.
**Ramiz Zerrouki — non noté** : Entré à la 82e minute, trop tard pour juger.
**Adel Boulbina — non noté** : Entré à la 81e minute, trop tard pour juger également.
Et maintenant ?
Les notes parlent d'elles-mêmes. Aucun joueur algérien n'a atteint la barre des 7 sur 10. Trois joueurs sont à 4 ou en-dessous : Bensebaïni, Boudaoui, Bentaleb, Hadj Moussa, Gouiri et Luca Zidane. Six titulaires sur onze qui ont coulé l'équipe. Vladimir Petkovic, à qui ces notes renvoient avant tout, a désormais quatre jours pour remettre tout à plat. Maza et Mandi méritent leur place. Aït-Nouri aussi. Pour les autres, le banc est tout sauf un déshonneur. La diaspora algérienne attend désormais les actes. Pas les discours.
*Source : DzChronique, Foot Mercato, Maxifoot*
Réactions (0)
Soyez le premier à réagir !





