Titraoui avait raison de dire non à tout le monde
Après avoir refusé Hull City puis l'Olympiacos, le milieu algérien a signé cinq ans au RC Lens. La patience du joueur formé au Paradou vient d'être récompensée.
Il y a quinze jours, certains le trouvaient difficile. Aujourd'hui, tout le monde le trouve lucide. Yacine Titraoui a paraphé le 31 juillet un contrat de cinq ans avec le RC Lens, après un accord validé avec le Sporting de Charleroi, dont les exigences avaient été fixées autour de 10 millions d'euros. Le milieu international algérien de 23 ans découvrira donc la Ligue 1 française, dans l'un des clubs les plus authentiques de l'Hexagone. Et son feuilleton estival mérite d'être raconté pour ce qu'il est : une leçon de gestion de carrière.
Deux refus qui passaient pour de l'entêtement
Rappelons la séquence, car elle donne tout son sens à l'épilogue. Début juillet, Hull City posait 10 millions bonus compris sur la table : refus, le joueur ne se voyait pas dans un promu voué au maintien. Fin juillet, l'Olympiacos montait jusqu'à 8 millions plus bonus avec la Ligue des champions en vitrine : refus encore, le projet grec ne l'ayant pas convaincu, la presse belge révélant même qu'il préférait la deuxième division anglaise à la ligue hellène. À chaque non, les sceptiques s'inquiétaient de voir la fenêtre se refermer. Et soyons francs : il faut une sacrée confiance en soi pour éconduire la Ligue des champions à 23 ans en pariant qu'un meilleur train passera.
Lens, le projet qui coche toutes ses cases
Le train est passé, et il porte les couleurs sang et or. Lens offre exactement ce que le natif de M'Sila cherchait : un top 5 européen, un public parmi les plus fervents de France qui rappellera à l'Algérien les ambiances de son pays, un club réputé pour révéler les milieux de terrain et un contrat de cinq ans qui dit la profondeur du projet. Bollaert et sa marée de supporters, dont une importante communauté algérienne du bassin minier, adopteront vite ce profil généreux de relayeur-récupérateur. Une chose est certaine : entre un statut de pari en Grèce et un rôle à construire dans le chaudron lensois, le développement du joueur a choisi la bonne adresse.
Le Paradou encaisse, le modèle triomphe encore
Ce transfert raconte aussi une fierté nationale : celle de l'académie du Paradou, qui a formé Titraoui avant son départ vers Charleroi et qui démontre une nouvelle fois l'efficacité de son modèle, pendant que le club, relégué, brade ses pépites pour survivre. Chaque grand transfert d'un ancien d'Hydra devrait rappeler aux décideurs du football algérien la valeur de ce laboratoire unique qu'on a laissé couler.
Septembre arrive au bon moment
Pour les Verts enfin, le timing est parfait : le grand chantier du milieu de terrain tient désormais un candidat installé en Ligue 1, à sept semaines de la réception de la Zambie. Absent de la liste mondialiste, Titraoui a transformé sa frustration en plan de carrière. Le jour où il enchaînera à Bollaert, la sélection ne pourra plus regarder ailleurs. Les paris patients sont toujours les plus beaux à voir gagner.
*Sources : Livefoot, Fennec Football, Sacha Tavolieri*
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