Argentine : la photocopie du naufrage face au Nigeria en janvier
Composition incompréhensible, changements trop tardifs à la 60e, impuissance totale : Petkovic a reproduit exactement les mêmes erreurs que face au Nigeria à la CAN 2025.
Le pire dans la défaite face à l'Argentine, ce n'est pas seulement le score. Ce n'est pas seulement le triplé de Lionel Messi. Ce n'est pas seulement l'absence totale de combat. Le pire, c'est qu'on a déjà vu ce film il y a exactement cinq mois. Le 10 janvier dernier au Grand Stade de Marrakech, l'Algérie de Vladimir Petkovic s'inclinait 2-0 face au Nigeria, éliminée en quart de finale de la CAN 2025. Avec exactement les mêmes erreurs tactiques. Exactement les mêmes choix d'hommes contestables. Exactement le même manque de réaction à la pause. Et exactement les mêmes changements tardifs à la 60e minute. Et soyons francs : voir un sélectionneur reproduire à l'identique son propre désastre cinq mois plus tard relève d'une faute professionnelle qui interroge profondément.
TSA Algérie a fait le constat dès la fin du match face à l'Argentine. « Les Fennecs ont reproduit le même schéma que celui face au Nigéria en quarts de finale de la CAN 2025 », a écrit le quotidien algérien. Décryptage d'une photocopie qui devrait condamner Vladimir Petkovic.
Le 10 janvier 2026, Marrakech : déjà l'avertissement
Reprenons l'épisode du Nigeria à froid. Quart de finale de la CAN 2025, Algérie face aux Super Eagles d'Eric Chelle. Score final : 2-0 pour le Nigeria, élimination pour les Verts. À l'époque, La Gazette du Fennec avait livré un diagnostic d'une clarté redoutable. « Petkovic, l'homme de la seconde mi-temps est resté au vestiaire », titrait le quotidien algérien. La compo de départ était jugée incompréhensible. La pause n'avait apporté aucune correction. Les changements étaient venus trop tard, au moment où le mal était déjà fait.
Eric Chelle, le sélectionneur du Nigeria et ancien entraîneur du MCO, avait lui-même critiqué les choix de Petkovic après la rencontre. La non-titularisation de Bounedjah avait laissé l'Algérie sans arme aérienne. L'absence d'Abdelli, fraîchement signé à l'OM, avait privé les Verts d'une solution pour couper l'axe Iwobi-Lookman. Et les trois premiers remplacements opérés à la 60e minute avaient été jugés trop tardifs par Chelle lui-même. Cinq mois plus tard, ces mots résonnent comme une prophétie. Une chose est certaine : tout était déjà écrit ce 10 janvier à Marrakech.
16 juin 2026, Kansas City : la photocopie identique
Voyons maintenant ce qui s'est passé face à l'Argentine. La compo de départ ? Incompréhensible, là encore. Mahrez sur le banc. Bensebaïni titularisé alors qu'il revenait à peine de blessure et qu'il avait manqué les deux derniers amicaux. Mandi et Bentaleb maintenus malgré leurs limites évidentes. Gouiri en pointe sans aucune option de pressing. Une compo qui défiait toute logique tactique, comme à Marrakech cinq mois plus tôt.
La réaction à la pause ? Aux abonnés absents, exactement comme face au Nigeria. L'Algérie est revenue avec les mêmes arguments, les mêmes failles, et la même apathie. Et les changements ? Tenez-vous bien. Les trois premiers changements sont intervenus à la 60e minute. Exactement comme face au Nigeria. Au même moment précis. Une fois que l'Algérie était à 0-2, alors que le match était déjà perdu mentalement. Le jour où un sélectionneur reproduit les mêmes erreurs au même moment d'un match, il faut commencer à se poser des questions très sérieuses sur sa capacité d'analyse.
Les ratios d'apathie : un schéma identique
Voilà le constat le plus accablant. Dans les deux matchs, l'Algérie a été décrite par les observateurs comme « complètement dépassée », « impuissante », « anesthésiée ». Face au Nigeria, DZ Foot parlait d'un « océan de médiocrité ». Face à l'Argentine, on parle d'une équipe qui n'a pas cadré le moindre tir et qui a laissé l'adversaire jouer à 9 sans ballon. Comme l'a relevé le journaliste Hanif Ben Berkane sur X au sujet de l'Argentine, « tactiquement incompréhensible ce que propose Petkovic ». Les mêmes mots qu'en janvier dernier.
Les statistiques parlent d'elles-mêmes. Possession de balle inférieure à celle de l'adversaire dans les deux matchs. Très peu d'occasions franches. Une charnière centrale dépassée. Un milieu de terrain incapable d'imposer son tempo. Une attaque sans pressing. Vladimir Petkovic livre exactement les mêmes prestations face aux grandes nations. À chaque fois qu'il faut faire la différence, il échoue de la même manière. Le jour où un sélectionneur ne sait pas adapter son équipe face à des adversaires de qualité, le projet vacille.
Foot Afrique avait prévenu en janvier dernier
Voici ce qui rend l'analyse encore plus saisissante. Quelques jours après l'élimination face au Nigeria, le 13 janvier exactement, Foot Afrique avait publié un article au titre cinglant : « Petkovic, l'heure de la remise en cause ». Le quotidien écrivait noir sur blanc : « Il est bien évident que ce n'est certainement pas avec un tel onze déséquilibré que l'Algérie pourrait aspirer à contester la hiérarchie en Amérique ». L'Amérique, c'était le Mondial 2026. C'était maintenant. Et le résultat est là : 0-3 face à l'Argentine, avec un onze toujours aussi déséquilibré.
Foot Afrique avait raison. Vladimir Petkovic avait été prévenu, par des médias respectés, par des observateurs sérieux, par les chiffres eux-mêmes. Il n'a rien voulu entendre. Pire encore, il a même prolongé son contrat jusqu'en juillet 2028 quelques semaines avant le Mondial, comme pour s'auto-récompenser d'une CAN ratée. Le manque de remise en cause est devenu le mal chronique de la sélection algérienne.
Et maintenant, face à la Jordanie ?
La question s'impose désormais. Si Petkovic est incapable d'apprendre de ses propres erreurs en cinq mois, comment pourrait-il les corriger en cinq jours avant le match face à la Jordanie ? Le précédent du Nigeria nous montre exactement ce qui risque de se passer. Une compo encore inadaptée. Un manque de pressing collectif. Des changements à la 60e minute quand le mal sera déjà fait. Et une élimination prématurée dans le déshonneur.
À moins que. À moins que Vladimir Petkovic ne décide enfin, pour une fois, de remettre vraiment en cause ses propres choix. Belaïd à la place de Mandi. Maza à la place de Bentaleb. Hadj Moussa et Mahrez sur les ailes. Belghali en latéral droit. Benbouali en pointe pour étouffer la défense jordanienne. Pour la diaspora algérienne, en France comme partout dans le monde, le verdict est clair : ce sont les actes qui parleront samedi, pas les discours. Et si la même copie est rendue, il faudra alors tirer les conséquences. Personne ne mérite trois échecs identiques en cinq mois.
*Source : TSA Algérie, La Gazette du Fennec, DZ Foot, Foot Afrique, Foot Mercato*
Réactions (0)
Soyez le premier à réagir !





