Bounedjah nominé meilleur joueur au Qatar 2026
À 34 ans, l'attaquant algérien d'Al-Shamal joue des coudes avec Afif et Guedes pour le trophée individuel de la saison. Et si c'était sa porte vers le Mondial ?
On l'avait presque rangé au rayon des souvenirs. Et pourtant, Baghdad Bounedjah rappelle au football algérien qu'il sait encore parler la seule langue qui compte vraiment pour un avant-centre : celle des chiffres.
Le championnat du Qatar a dévoilé sa liste des trois finalistes pour le titre de meilleur joueur de la saison 2025-2026. Le nom de Bounedjah y figure, aux côtés d'Akram Afif, la star d'Al-Sadd, et du Brésilien Roger Guedes, d'Al-Rayyan. Pour un Algérien de 34 ans qui n'évolue ni dans le club le plus huppé ni sous les projecteurs les plus puissants de la Qatar Stars League, se hisser dans ce trio relève de la performance brute.
Une saison qui parle d'elle-même
Le bilan de l'attaquant a porté Al-Shamal jusqu'à la deuxième place du championnat. Douze buts toutes compétitions confondues, dont neuf en championnat, quatre passes décisives, le tout en vingt-quatre rencontres. Des statistiques qui, rapportées au statut de son club, pèsent lourd. Bounedjah n'a jamais été un dribbleur spectaculaire ni un faiseur de jeu. Il est autre chose : un finisseur né, un buteur instinctif qui vit pour le moment où le ballon doit franchir la ligne.
Ce profil-là, l'Algérie l'a connu de près. Lors de la CAN 2019 remportée en Égypte, Bounedjah avait été de l'aventure jusqu'au sacre. On a parfois ironisé sur sa maladresse devant le but en sélection, mais l'homme a toujours répondu par le travail plutôt que par les mots.
Le Mondial 2026 en ligne de mire
Voilà l'angle qui intéresse vraiment le supporter algérien, d'Alger à Marseille. Bounedjah avait manqué le regroupement de mars en Italie. À quelques semaines de la Coupe du monde 2026, organisée du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique, cette nomination tombe au meilleur moment. Petkovic ne pourra pas l'ignorer totalement.
Faut-il pour autant lui dérouler le tapis rouge ? Le débat est légitime. La concurrence offensive chez les Verts s'est densifiée, et un avant-centre de 34 ans ne se juge pas sur un palmarès passé mais sur sa forme du moment. Reste que dans un groupe mondialiste, l'expérience d'un homme qui a tout gagné en club au Qatar n'est pas un détail.
On ne devient pas finaliste d'un trophée individuel par hasard. Et soyons francs : peu d'attaquants algériens affichent une telle régularité à cet âge. Le football récompense rarement la longévité. Quand il le fait, il faut s'arrêter pour le saluer.
Le trophée lui échappera peut-être. Afif reste une référence du continent asiatique, Guedes un poison permanent. Mais le vrai prix, pour Bounedjah, se jouera ailleurs : sur la feuille de match d'un sélectionneur qui doit boucler sa liste. La balle est dans son camp. Elle l'a toujours été.
_Source : Horizons_
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