CAN 2025 : la finale sans fin se rejoue au TAS
Le 8 octobre, le TAS examinera à Lausanne l'appel du Sénégal contre le titre attribué au Maroc. Verdict attendu dans plusieurs semaines. Notre analyse.
Près de neuf mois après le coup de sifflet final, la CAN 2025 n'a toujours pas de vainqueur définitif. Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a précisé, dans une note publiée le 30 septembre, le déroulé de l'audience consacrée à l'appel de la Fédération sénégalaise de football (FSF) contre la Confédération africaine de football (CAF) et la Fédération royale marocaine de football (FRMF). Rendez-vous le jeudi 8 octobre, à Lausanne.
Une finale entrée dans l'histoire pour de mauvaises raisons
Le 18 janvier 2026, à Rabat, le Sénégal s'impose 1-0 après prolongation face au Maroc, pays hôte, grâce à un but de Pape Gueye. Mais la fin du temps réglementaire a basculé dans le chaos : après un but refusé aux Lions de la Teranga, un penalty est accordé au Maroc dans les arrêts de jeu. Les joueurs sénégalais quittent alors la pelouse pour protester, à la demande de leur sélectionneur Pape Bouna Thiaw. Après plusieurs minutes de tension, la rencontre reprend et va à son terme.
Du terrain au tapis vert
Dans un premier temps, le jury disciplinaire de la CAF sanctionne le Sénégal sur le plan sportif et financier. Le sélectionneur est puni, Iliman Ndiaye et Ismaïla Sarr écopent de deux matchs de suspension. Le résultat, lui, n'est pas remis en cause, et la FSF accepte ces sanctions sans faire appel.
Tout bascule le 17 mars 2026. Saisi par la Fédération marocaine, le jury d'appel de la CAF applique l'article 84 du règlement de la compétition : le Sénégal est déclaré forfait, et la finale homologuée sur le score de 3-0 en faveur du Maroc. La FSF saisit alors le TAS pour faire annuler cette décision et retrouver son titre.
Ce qui se passera le 8 octobre
L'audience s'ouvrira à 9h30 au siège du TAS et devrait se prolonger jusqu'à l'après-midi. Elle se tiendra à huis clos, les parties n'ayant pas demandé de débats publics. Le panel de trois arbitres sera présidé par le Français Gérald Simon, spécialiste du droit du sport.
Point essentiel : aucune décision ne sera rendue ce jour-là. Le TAS entamera ses délibérations après l'audience et n'est pas en mesure d'annoncer la date de sa sentence. Plusieurs médias évoquent la mi-novembre, sans confirmation officielle. D'ici là, le Maroc reste officiellement champion d'Afrique.
Prudence également face aux fausses informations : par le passé, de prétendues sentences du TAS ont circulé sur les réseaux sociaux, avant d'être démenties par l'instance elle-même.
Notre analyse : avantage Sénégal
Et soyons francs… sur le plan du droit sportif, le dossier sénégalais paraît solide. Selon l'analyse de la rédaction, l'issue la plus probable serait une annulation de la décision de la CAF et la restitution du titre au Sénégal, avec maintien des sanctions disciplinaires déjà prononcées.
Trois éléments plaident en ce sens. D'abord, le match a repris sous l'autorité de l'arbitre et est allé à son terme : un forfait suppose en principe qu'une équipe refuse de jouer jusqu'au bout. Ensuite, le Sénégal a déjà été sanctionné pour les mêmes faits, et lui retirer le titre en plus pose une question de double peine et de proportionnalité. Enfin, le TAS se montre traditionnellement attaché au résultat obtenu sur le terrain.
Le scénario inverse reste possible : si les arbitres estiment que le simple fait de quitter la pelouse suffit à appliquer le forfait, le Maroc conserverait son titre. Un match à rejouer paraît en revanche très improbable.
Une chose est certaine : quelle que soit la sentence, cette finale laissera une cicatrice durable dans le football africain. Le jour où le TAS tranchera, la CAF devra surtout clarifier ses règlements pour qu'une finale continentale ne se décide plus jamais dans un tribunal.
*Sources : TAS, via Seneweb ; Afrik-Foot ; Senego ; Maroc Hebdo ; APS, via AllAfrica ; Wiwsport.*
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