MC Alger : Ben Yahia veut un résultat au Niger en LDC
Avant le déplacement à Niamey, le technicien tunisien a fixé le ton : concentration, rigueur, aucune excuse. Le Doyen a-t-il enfin les nerfs pour l'Afrique ?
Il y a des discours d'avant-match qui ressemblent à des formalités, et d'autres qui ressemblent à des contrats. Khaled Ben Yahia a choisi la seconde catégorie. Avant d'emmener le MC Alger à Niamey pour le match aller du tour préliminaire de la Ligue des champions africaine, l'entraîneur tunisien a réuni son groupe pour poser une exigence simple : ramener un résultat, et ne rien invoquer d'autre que le terrain.
Un message sans filtre au vestiaire
« La préparation est terminée », a lancé Ben Yahia à ses joueurs, avant de leur rappeler qu'ils devaient « montrer dès la première minute » qu'ils étaient dignes du maillot. Le technicien a insisté sur ce qui sépare un match de préparation d'un match officiel : « de la concentration, de la rigueur et de l'engagement ». Et surtout, une phrase que les supporters mouloudéens attendaient depuis longtemps d'entendre chez un coach du Doyen : « Je ne veux entendre aucune excuse. »
On comprend pourquoi. Le déplacement en Afrique de l'Ouest s'accompagne toujours de son lot d'aléas : chaleur, pelouse, voyage, arbitrage, réception. Autant de motifs commodes après une contre-performance. Ben Yahia les a désactivés avant même le décollage.
L'Afrique ne pardonne jamais les entrées ratées.
Un aller-retour qui se joue sur 180 minutes
Le raisonnement du staff est limpide : la qualification ne se décide pas à Niamey, mais elle peut s'y perdre. Un match aller maîtrisé, une défense qui ne concède rien de gratuit, un but marqué à l'extérieur, et le retour à Alger devient une formalité gérable. Une soirée dispersée, en revanche, transforme le match retour en épreuve de nerfs devant un public qui ne pardonne pas grand-chose.
C'est exactement le sens du mot d'ordre du coach : « Nous devons ramener un résultat positif. » Pas une démonstration, pas un festival offensif. Un résultat.
Le Doyen face à son histoire continentale
Le MC Alger traîne depuis des années une réputation d'équipe qui séduit à domicile et se recroqueville à l'extérieur. Le club a les moyens, la ferveur et le budget d'un candidat sérieux en Afrique ; il lui a souvent manqué la froideur des grandes campagnes continentales, celle qui consiste à jouer laid quand il le faut et à repartir avec l'essentiel.
Ben Yahia connaît ce théâtre. Il sait qu'en Ligue des champions africaine, la maturité collective compte davantage que le talent individuel, et que les tours préliminaires ont enterré plus de favoris que les demi-finales.
Une chose est certaine : le Doyen n'a plus le droit aux excuses.
Poser la première pierre, vraiment
La formule du coach résume tout l'enjeu : ce match au Niger est « l'occasion de poser la première pierre » de la saison. Une pierre, pas un monument. Mais chez un club de cette taille, suivi d'Alger jusqu'aux cafés de Marseille, de Bruxelles et de Montréal, les fondations se jugent immédiatement. Un début raté, et le procès s'ouvre dès la semaine suivante.
Le MCA a les joueurs, il a le discours, il a désormais l'occasion. Reste la seule chose qu'aucun entraîneur ne peut promettre à sa place : est-ce que cette équipe saura enfin gagner quand personne ne l'attend ?
*Source : Compétition.dz*
Réactions (0)
Soyez le premier à réagir !





