La Ligue 1 reportée, l'Algérie frappée par les feux
La première journée du championnat repoussée aux 3, 4 et 5 septembre après les incendies. Quand le football algérien choisit le silence plutôt que le jeu.
Il devait y avoir des tribunes pleines, des fumigènes, des chants repris depuis les hauteurs de Tizi Ouzou jusqu'aux cafés de Vaulx-en-Velin et de Bruxelles. Il y aura des drapeaux en berne. La première journée de Ligue 1 Mobilis 2026-2027 a été entièrement reportée aux 3, 4 et 5 septembre, après les incendies meurtriers qui ont ravagé plusieurs wilayas du centre et de l'est du pays.
Une décision qui n'avait pas besoin d'être débattue
Trois jours de deuil national ont été décrétés à partir du 28 août. Drapeaux en berne, suspension des manifestations festives et des compétitions sportives nationales : le championnat n'échappait pas à la règle, et personne, dans les clubs, n'a cherché à négocier une exception. Tous les matchs de la journée inaugurale sont concernés, d'ES Sétif - ES Ben Aknoun au choc MC Alger - MC Oran. Les rencontres amicales programmées pendant la période ont elles aussi été annulées.
Le bilan officiel fait état de douze morts et de cinquante-quatre blessés, dont six dans un état grave. Cinq décès à Jijel, quatre à Béjaïa, trois à Tizi Ouzou. Parmi les victimes, un enfant de huit ans. Des familles entières ont été évacuées devant l'avancée des flammes, poussées par la chaleur extrême, la sécheresse et le vent.
La Kabylie, deux fois touchée
Béjaïa et Tizi Ouzou. Deux wilayas endeuillées, et le cœur historique d'un club qui a fait rêver l'Afrique entière. La JS Kabylie n'est pas seulement une équipe de football dans cette région : elle est un langage commun, un repère, une manière de dire d'où l'on vient. Quand les collines brûlent, le stade du 1er-Novembre se tait. On ne chante pas dans un village qui compte ses morts.
La diaspora kabyle, très présente en France, en Belgique et au Canada, a vécu la nuit en direct sur les réseaux, à traduire les images de flammes en appels téléphoniques inquiets. Ces heures-là rappellent une évidence que le football finit toujours par redécouvrir : un club n'existe que par le territoire qui le porte.
Reporter n'est pas renoncer
Certains argumenteront qu'un stade plein aurait pu devenir un lieu d'hommage, une minute de silence partagée par des dizaines de milliers de personnes. L'argument s'entend. Mais dans un pays où les secours étaient encore mobilisés et les enquêtes tout juste ouvertes, décaler de quelques jours coûtait peu et disait beaucoup. Le football algérien a choisi de s'effacer, et cette discrétion a plus de valeur qu'un communiqué.
La reprise interviendra donc les 3, 4 et 5 septembre. Les calendriers seront resserrés, les entraîneurs râleront sur la charge de travail, les débats tactiques reprendront leur place habituelle. C'est le cours normal des choses, et c'est très bien ainsi.
Ce que la reprise devra porter
La semaine prochaine, quand les portes des stades s'ouvriront enfin, il restera à faire ce que le football algérien sait faire mieux que personne : transformer une douleur collective en ferveur. Une minute de silence, des banderoles, peut-être des gestes concrets envers les familles touchées à Jijel, Béjaïa et Tizi Ouzou.
Le championnat reprendra, les points se compteront, les polémiques d'arbitrage reviendront. Mais la première journée 2026-2027 gardera cette particularité : elle aura d'abord été une journée sans football, et c'était la bonne décision.
*Source : DZFoot*
Réactions (0)
Soyez le premier à réagir !





