Kendouci rejoue enfin, quinze mois après
Entré en jeu avec Lugano face au Fenerbahçe en tour préliminaire de Ligue des champions, le milieu algérien tourne la page de la blessure qui a brisé sa progression.
Certaines entrées en jeu valent plus que des titularisations. En apparaissant sur la pelouse face au Fenerbahçe, dans le cadre du tour préliminaire de la Ligue des champions, Ahmed Kendouci a refermé le chapitre le plus sombre de sa carrière. Quinze mois après la fracture du tibia qui avait tout arrêté, le milieu international algérien dispute enfin un vrai rendez-vous avec le FC Lugano, sur une scène européenne et face à un géant turc. Peu importe le contexte du score dans cette double confrontation dont le retour se jouera la semaine prochaine : ce soir, la seule statistique qui compte, c'est sa présence.
Le rappel d'un calvaire qu'on oublie trop vite
Remontons le fil pour mesurer le chemin. En avril 2025, alors qu'il évoluait encore en Égypte sous les couleurs de Ceramica Cleopatra, Kendouci était victime d'une grave blessure à la jambe, avec fracture du tibia, opération et rééducation au long cours. Le Lugano l'avait recruté dans la foulée, jusqu'en 2028, en pariant sur l'homme autant que sur le joueur : signer un blessé de longue durée, c'est un acte de confiance rare dans le football moderne. Sa convalescence s'était étirée sur des mois, avec une réintégration très progressive et quelques apparitions prudentes en fin d'année, avant que cet été ne lui offre enfin ce qui lui manquait : une vraie préparation complète avec son groupe. Et soyons francs : dans ces blessures-là, le plus dur n'est pas de revenir sur un terrain, c'est de revenir sans peur.
Ce que les Verts ont perdu pendant son absence
On mesure mal ce que cette blessure a coûté au joueur. Sa dernière sélection remonte à mars 2025 et un match plein face au Mozambique, dans une équipe qui filait vers sa qualification mondiale. La suite s'est écrite sans lui : la fin des éliminatoires, la CAN au Maroc, puis la Coupe du monde américaine, autant de rendez-vous regardés depuis une salle de rééducation au Tessin. Pour un joueur de 27 ans, formé à l'ES Sétif et arrivé au niveau international par le mérite du championnat national, ce rendez-vous manqué avec l'histoire a un goût particulier. Une chose est certaine : peu de joueurs algériens ont payé leur génération dorée au prix que Kendouci a payé la sienne.
Un profil qui tombe à pic dans le chantier du milieu
Son retour croise l'actualité de la reconstruction. L'entrejeu des Verts est le secteur le plus sinistré de l'été, entre les cadres en fin de cycle, le départ de Bennacer et les recherches de la FAF tous azimuts. Dans ce paysage, un Kendouci retrouvé coche des cases précieuses : un vrai registre de milieu complet, du volume, une expérience des joutes africaines, et cette rage particulière des revenants. Le championnat suisse, vitrine qui a réussi à tant d'Algériens avant lui, et les rendez-vous européens de Lugano lui offriront les matchs référence dont les sélectionneurs ont besoin pour trancher.
Une saison pour tout reconquérir
La prudence reste de mise, les retours de fracture se jugeant sur la durée, pas sur une entrée en jeu. Mais le calendrier lui tend les bras : une saison complète devant lui, des échéances continentales avec son club, et des fenêtres de septembre, octobre et novembre où le staff des Verts scrutera chaque secteur. Le jour où Kendouci enchaînera dix matchs pleins avec Lugano, son nom reviendra naturellement dans les discussions de Dely Ibrahim. En attendant, savourons l'essentiel de cette soirée européenne : un joueur qui aurait pu tout perdre vient de tout recommencer.
*Sources : Foot Afrique, Fennec Football, La Gazette du Fennec*
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